Haka, Aimé Jacquet et Bastareaud, on sait déjà comment le XV de France va réaliser l'exploit face aux All Blacks

RUGBY
FICTION – 23 heures à Paris, 22 heures à Cardiff, Thierry Dusautoir lève les bras au ciel, les Français viennent de s'imposer contre les Néo-Zélandais 20-19 et filent en demi-finale de la Coupe du monde. Une victoire irréelle (à moins que...) que l'on vous raconte quand même.

"Pourquoi on va gagner ? Parce qu'on est français !"
A la manière d'un Serge Blanco qui a conclu sa seule intervention médiatique de la Coupe monde par une réponse en forme de slogan, "pourquoi on va gagner ? Parce qu'on est français !", les hommes de Philippe Saint-André ont passé la semaine précédant ce quart de finale perdu d'avance à répéter à des médias sceptiques qu'ils croyaient à l'exploit. Pourtant, à l'image du mandat de Philippe Saint-André et du jeu tricolore, pas de révolution ni de grande envolée pendant l'avant match, ces Bleus veulent la jouer "sobre" comme le dit Frédéric Michalak. Il faut dire que ni le fond ni la forme de leurs récentes performances n'invitent à rouler des mécaniques.

Les Bleus regardent le haka au loin, bras dessus, bras dessous
Alors, pendant que Richie McCaw et ses petits copains exécutent leur haka que le monde entier attend, sous les flashs crépitant, le XV de France regarde le spectacle au loin depuis sa partie du terrain, bras dessus, bras dessous, comme pendant La Marseillaise

Brièvement, les joueurs se regroupent autour de leur capitaine Thierry Dusautoir qui leur hurle à cause du bruit assourdissant du Millennium : "Y a personne ici qui veut rentrer à la maison demain ! Personne ! Et si ça doit être notre dernier match ensemble les gars, on tombe avec les honneurs !" Pourtant, les premières minutes de ce quart de finale n'ont rien de glorieux et sentent bon le retour à Paris en avion dans quelques heures. Confinés dans leur camp par le jeu au pied millimétré de Daniel Carter, les Français subissent d'entrée.

PSA se prend pour Aimé Jacquet
De peur de se faire gratter les ballons par McCaw, les fautes tricolores se multiplient. A peine vingt minutes de jeu et Daniel Carter a déjà enfilé trois pénalités face aux poteaux. Facile dites-vous ? Michalak aux 20 mètres, lui, les touche et manque de réduire le score. A la pause, les champions du monde mènent 12-3, les Français n'ayant ouvert le compteur qu'à la faveur d'une pénalité lointaine passée par Scott Spedding. Dans le vestiaire des Bleus, Saint-André ne bégaye plus mais gesticule encore plus que pendant la mi-temps de la Roumanie. 

Préférant regarder Les yeux dans les Bleus sur YouTube la veille du match, histoire de voir comment on fait pour gagner une Coupe du monde, plutôt que de se refaire une énième séance vidéo prouvant la mollesse ses troupes dans le combat au sol, PSA se prend alors pour Aimé Jacquet lors de la demi-finale 1998 face à la Croatie.

Le coup de coude de Parra dans le pif de McCaw
Toujours dans la veine France-98, Saint-André choppe Morgan Parra comme Jacquet avait pris entre quatre yeux Robert Pires et lâche à son demi de mêlée : "Muscle ton jeu Morgan ! Si tu muscles pas ton jeu, fais attention, parce que tu vas avoir des déconvenues..." Bizarrement, la gueulante du sélectionneur fait son petit effet et la France aborde la seconde période dans de meilleures dispositions. Un drop plein axe de Michalak (12-6) et un joli coup de coude de Parra dans le pif d'un McCaw obligé de sortir (une sorte de vengeance de 2011) remettent le XV tricolore dans la partie. 

Sur une interception, Wesley Fofana est même à deux doigts d'offrir un essai tout cuit à Noah Nakaitaci, auteur d'un en-avant coupable. Dans la foulée, Julian Savea, lui, ne se loupe pas : après une série impressionnante de passes redoublées et une dernière sautée de Carter, il inscrit un essai en coin, évidemment transformé (19-6).

 Une générale : Papé et Retallick dehors
A 15 minutes de la fin, tout le monde se dit que c'est cuit pour les Français. PSA se décide alors enfin à coacher et fait entrer sur la pelouse Mathieu Bastareaud, redevenu impact player pour ce quart de finale. Revanchard, le centre y va de bon cœur et envoie son vis-à-vis Ben Smith au tapis, tel un Jonathan Sexton KO. 

Une petite générale éclate, rapidement clamée. Mais Pascal Papé et Brodie Retallick prennent un jaune pour s'être envoyé dans la figure un peu plus que les autres. Et à quatorze contre quatorze, les Français semblent plus à l'aise. Aux trente mètres, Parra envoie un petit coup de pied vicieux par-dessus la défense, Brice Dulin se faufile entre deux All Blacks et profite d'un rebond favorable avant d'aplatir. Michalak transforme (19-13). La peur a changé de camp. 

 Michalak et Bastareaud en héros
Plus que quelques secondes à jouer et les Bleus obtiennent une touche dans les 22 néo-zed. Damien Chouly monte plus haut que tout le monde. Un maul se forme et les Français avancent avant d'être mis au sol devant l'en-but des Blacks. Michalak fait feinte de passe au large pour finalement lâcher le ballon petit côté, Bastareaud est lancé et personne ne l'arrête. Essai ! 

Malgré la pression, Michalak transforme. Victoire (20-19) ! Le Millennium est en feu. Sur la pelouse Dusautoir lève les bras au ciel tandis qu'on veut porter Michalak et Bastareaud en triomphe. Pour le second, l'idée est vite abandonnée... En tribune, Saint-André savoure : son rugby minimaliste a été grand.

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