Humiliation face aux All Blacks : oui, c'est la faute de PSA et du rugby français mais aussi des joueurs...

RUGBY

ASSUMER - Bien sûr, la déroute de samedi soir contre la Nouvelle-Zélande (62-13) résulte de quatre années d'errance du XV de France et d'un rugby tricolore en crise. Mais c'est aussi la conséquence d'une défaillance collective des joueurs, qui n'ont pas su respecter les fondamentaux.

Attention, les statistiques font très mal. Complètement dépassé par la puissance de feu des All Blacks, surtout en seconde période, le XV de France a livré une copie catastrophique pendant ce quart de finale : 80 % des duels perdus, seulement 410 mètres parcourus balle en main contre 732 pour les néo-zéd, 4 ballons perdus en touche et surtout 9 essais encaissés. Une défaite record, "une grosse branlée", comme le dit Pascal Papé, et une tendance dans le discours des joueurs après la rencontre à rejeter la faute sur le rugby français qui ne permet plus de rivaliser avec les meilleures nations du monde.

"Evidemment qu’on est les premiers fautifs car ce soir (samedi soir), admet le deuxième ligne qui a disputé son dernier match en Bleu. C’est nous qui étions sur le terrain mais..." Et derrière ce "mais", Papé y mêle l'éternelle guéguerre entre la Ligue et la Fédération, entre le Top 14 et le XV de France, le besoin de réforme, de plus écouter les joueurs, d'alléger les calendriers... Il a raison, car effectivement, en l'état actuel, on ne voit pas comment l'équipe de France, qui n'est pas mise au centre du rugby tricolore, pourrait un jour être championne du monde.

"Il nous a manqué beaucoup de choses"

Mais tout de même, ce constat global ne doit pas éluder les lacunes récurrentes de ce groupe de joueurs incapable de respecter les fondamentaux du jeu. Et donc leurs responsabilités. Contre les Blacks, même s'il était difficile de rivaliser, les Bleus ont encore une fois trop perdu trop de ballons sur les rucks, sur des fautes de mains, sur des touches, dans le jeu aérien... La liste est longue et on a surtout l'impression de la dresser à l'identique après chaque défaite tricolore.

"Y a pas grand-chose à dire, il n'y a pas eu photo ce soir (samedi soir), constate désabusé Morgan Parra. On a été pris de partout : en conquête on a eu du mal, on a été bougé sur les rucks, on a loupé plein de plaquages. Il nous a manqué beaucoup de choses". Et si le demi de mêlée, appelé en sauveur de ce XV de France à la dérive, n'a pas voulu verser dans le discours anti-système, c'est peut-être parce qu'il sait qu'avant de regarder ce qui se passe au-dessus du XV de France, il faudrait d'abord rectifier ce que l'on observe au ras du sol. Sur le terrain. 

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