Longévité, palmarès, proximité avec Laporte : qui est Jacques Brunel, le nouveau sélectionneur du XV de France

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RUGBY - Son arrivée a été officialisée ce mercredi par Bernard Laporte, le président de la Fédération française de rugby. Jacques Brunel, le nouveau sélectionneur des Bleus, est un technicien reconnu mais les conditions de sa nomination sont critiquées.

Un secret de polichinelle a été levé ce mercredi midi. Le président de la Fédération française de rugby (FFR), Bernard Laporte, a officialisé le remplacement au poste de sélectionneur du XV de France de Guy Novès par Jacques Brunel. Le nouveau coach des Bleus sera assisté d'un "pool de cinq ou six entraîneurs" du Top 14 qui resteront salariés de leurs clubs et viendront "à la pige" le conseille, a annoncé Bernard Laporte.


L'entraîneur de l'Union Bordeaux Bègles (UBB) succède donc à Guy Novès, premier sélectionneur limogé de l'histoire du XV de France, dans un contexte de crise chez les Bleus, qui sortent d'une terrible série de six défaites (dont cinq test-matches) et un nul historique face au Japon (23-23) en clôture des tests de novembre. Voici quelques éléments pour faire connaissance avec Jacques Brunel, qui va tenter de renverser la vapeur.

Une longévité exceptionnelle

Jacques Brunel est le technicien le plus expérimenté du Top 14, avec 29 années au compteur. Après une carrière de joueur au poste d'arrière entre 1967 et 1988, il est passé par Auch (1988-1995), Colomiers (1995-1999), Pau (1999-2001), le XV de France une première fois en tant qu'adjoint (2001-2007), Perpignan (2007-2011), le XV d'Italie comme sélectionneur (2011-2016) et Bordeaux-Bègles (depuis 2016). 

Un palmarès respecté mais quelques échecs

"Partout où il est passé, il a quand même très bien réussi", affirmait Laurent Marti, le président de l'Union Bordeaux-Bègles, à la mi-décembre, rapporte L'Équipe. L'un de ses principaux faits d'armes : gagner le bouclier de Brennus avec Perpignan en 2009, qui l'attendait depuis 1955, puis parvenir à la finale l'année suivante. Avec le XV de France, il a remporté sous la houlette de Bernard Laporte 4 tournois des Six Nations, dont deux Grands Chelems. 


Ses expériences plus récentes se sont soldées par des résultats en demi-teinte. S'il a permis à l'Italie d'atterrir au pied du podium des Six Nations en 2013, il termine 11e du Top 14 en 2017 et occupe actuellement la 8e place avec l'UBB. 

Sa proximité avec Bernard Laporte

La proximité de Jacques Brunel avec l'actuel président de la FFR remonte au début des années 2000, quand les deux hommes s'occupaient du XV de France, Laporte comme sélectionneur et Brunel comme entraîneur des avants, malgré le fait qu'il a toujours joué comme arrière. C'est Brunel qui théorisa le "jeu par blocs" qui permit aux Bleus de remporter leur Grand Chelem de 2002. "Jacques est un bosseur et avec Bernard ils étaient complices, très complémentaires", raconte à RMC Sport Bernard Viviès, qui était entraîneur des arrières français à l'époque. Cette proximité des deux techniciens fait craindre à certains une mainmise de Bernard Laporte sur la sélection.

Sa technique : le pragmatisme

"Sa force est sa capacité à tirer le meilleur d'un groupe, sans être dogmatique, en adaptant ses convictions", affirmait le président de la Ligue Paul Goze, qui avait fait venir Brunel à Perpignan quand il en était le président. "Sa grande qualité a été de s'appuyer sur nos atouts, notre identité de jeu, nos forces sans vouloir tout révolutionner, mais en ajustant nos faiblesses" abondait il y a 2 ans David Marty, un ancien joueur de Perpignan, à l'AFP.

Un faux discret ?

"Effectivement c'est quelqu'un de peu expansif, on ne peut pas le nier. Mais en même temps c'est ce qui fait sa force. Il a des choses à dire mais toujours de manière réfléchie. Il sait faire passer ses messages, même si ce n'est pas quelqu'un qui voulait prendre la parole sans cesse et mettre en avant sa position hiérarchique", estimait l'ancien deuxième ligne de Perpignan Olivier Olibeau, dans l'AFP.


Pour Franck Azéma, l'entraîneur de Clermont, "Il est comme un chien de berger : il ramène tout le temps son troupeau mais sans trop aboyer". Sur RMC Sport, Jo Maso, l'ex-manageur des Bleus, précise : "Au départ il est réservé quand il ne connaît pas les gens, mais il aime plaisanter et rigoler."

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