Rugby : l'ombre du dopage plane sur la mort du champion du monde sud-africain Joost van der Westhuizen

Rugby : l'ombre du dopage plane sur la mort du champion du monde sud-africain Joost van der Westhuizen
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MALAISE - Champion du monde en 1995, le légendaire demi de mêlée sud-africain Joost van der Westhuizen s'est éteint ce lundi à l'âge de 45 ans des suites de la maladie de Charcot. Son décès rappelle que plusieurs de ses anciens coéquipiers ont aussi été atteints de maladies rares et incurables.

Tout le monde l'appelait "Joost". Le prénom de Joost van der Westhuizen suffisait à rappeler au peuple sud-africain tout entier sa renaissance, le 24 juin 1995, date d’un sacre mondial mythique. "Ce pays était uni pour la première fois, dira la star François Pienaar au sujet de cette victoire en finale sur les All Blacks. Toutes les races, toutes les religions, tout le monde était dans la rue, dansait et fêtait la victoire. Cette journée a changé beaucoup de vies, y compris la mienne." 

La nostalgie de cette liesse s’est emparée ce lundi du pays des Springboks, tandis que l’on apprenait la mort du fameux demi de mêlée de cette équipe, "Joost", à l’âge de 45 ans, des suites de la maladie de Charcot, affection neurodégénérative incurable qui conduit progressivement à la paralysie totale.

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Une ombre s’abat toutefois sur les hommages unanimes. L’ombre d’un doute. La maladie de Charcot touche, en moyenne, 4 à 8 personnes sur 100.000. La médecine a toujours peiné à expliquer ce qui peut la déclencher mais, dans le cas de l’ancien joueur, plusieurs thèses ont été évoquées : l’accumulation des chocs violents en dix ans de carrière dans le rugby, les pesticides sur les pelouses, ou le dopage. Et, concernant ce dernier point, une enquête diffusée dans l’émission "Stade 2", en mars 2014, soulignait la multiplication, ces dernières années, des cas de maladies rares et incurables parmi les membres de cette équipe.

Des "vitamines" qui sèment le trouble

Tinus Lee, par exemple, a porté le maillot de l’Afrique du Sud à la même époque et a été atteint de cette même maladie de Charcot. Le troisième ligne-aile André Venter souffre, lui, d’une inflammation de la moelle épinière, qui touche une personne sur un million. Il a vu mourir, le 27 janvier 2010, son meilleur ami, Ruben Kruger, autre champion du monde 1995 - auteur de l’essai de la victoire très contestée face à la France en demi-finale - d’une tumeur au cerveau à seulement 39 ans. Les intéressés ont tous nié avoir eu recours à des produits dopants. Mais l’idée d’un dopage à leur insu a fait son chemin en Afrique du Sud.

"On était des amateurs, on s’entraînait très dur. Mais il n’y avait rien d’illégal. C’était des vitamines, mais plus tard, ces vitamines sont devenues interdites. Alors on a tout arrêté, quand on est devenus pros", a ainsi révélé François Pienaar lui-même dans son autobiographie, concernant la prise systématique de pilules juste avant les matchs. Son coéquipier de l’équipe championne du monde, Kobus Wiese, ajoutait dans "Stade 2" : "Quand François parle de pilules, ce n’est rien de plus que des vitamines B12… Ce ne pouvait être rien d’autre. On restait dans les limites. On prenait des piqûres de B12, des trucs pour les blessures. On était souvent contrôlés, mais aucun d’entre nous ne s'est révélé positif." 

Sauf que la lutte anti-dopage, à l’époque, était quasi inexistante. Et les spécialistes, aujourd’hui, doutent que 30 joueurs différents aient pu souffrir de la même carence en vitamines B12. Lesquelles accompagnaient souvent, durant les années 1990, la prise d’EPO pour en accentuer les effets.

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