Mathieu Bastareaud estime être "juste quelqu'un de passage" au sein du XV de France

Mathieu Bastareaud estime être "juste quelqu'un de passage" au sein du XV de France

DirectLCI
INTERVIEW - Présent lors du point presse des Bleus mercredi, le surpuissant centre de Toulon a joué au jeu des questions / réponses avec les journalistes présents à Marcoussis. Et malgré son profil un peu unique de perforateur, Mathieu Bastareaud ne se voit pas comme un incontournable du XV de France.

Avez-vous le sentiment d'être devenu incontournable chez les Bleus ? 
Non. Je pourrais citer pas mal d'exemples de joueurs qui étaient appelés régulièrement en équipe de France et qui, juste avant la Coupe du monde, ont été mis de côté. Comme on dit souvent, le maillot ne nous appartient pas. Je suis juste quelqu'un de passage. A moi d'être là le plus longtemps mais je ne me sens pas dans la peau d'un titulaire ou d'un possible dans les 31 (retenus). On est tous au même niveau et justement je pense que ce serait une erreur de penser autrement.

Mais vous avez un profil unique de perforateur parmi les centres présélectionnés... 
Oui, mais ça ne veut rien dire. C'est comme les dinosaures : ils étaient là et au bout d'un moment ils ont disparu (rires). Eux aussi avaient un profil particulier et on ne les voit plus ! Oui j'ai un profil atypique mais ils (les entraîneurs, ndr) peuvent très bien décider de se passer de moi. Je travaille, j'essaie d'être au maximum à chaque fois, de progresser et après ils prendront une décision et je verrai bien.

"Quelqu'un viendra toujours te titiller"

Vous avez souvent dit manquer de confiance en vous. Les titres glanés avec Toulon vous ont-ils aidé à ce niveau-là ? 
Je ne sais pas. C'est vrai que cela m'a construit une carte de visite, après je fonctionne en me disant que ce qui est fait est derrière. Tu peux être une saison en haut et l'année suivante quelqu'un est passé devant toi. Peut-être sur le moment cela m'a donné confiance : c'est une fierté de gagner tous ces titres, mais je pars du principe, que les plus anciens m'ont appris, que quelqu'un viendra toujours te titiller. Donc il faut toujours rester sur tes gardes.

Vous avez sorti début juin votre autobiographie ("Tête haute", éd. Robert Laffont). S'agissait-il d'une forme de mise au point par rapport à ce qui a pu s'écrire sur vous depuis le début de votre carrière ? 
Non... Arnaud (Ramsay, le journaliste avec qui il a coécrit le livre) m'a proposé ça, au début je n'étais pas trop chaud et au final j'ai eu un bon feeling avec lui, j'ai aimé sa manière d'aborder les choses et ça s'est fait naturellement.

"Sur l'affaire de 'la table de nuit', j'ai laissé trop dire de choses..."

Tout de même, cela fait-il du bien de voir certaines choses couchées sur papier ?
Oui... honnêtement je ne l'ai pas relu, sauf pour faire les corrections. Comme je ne me regarde jamais à la télé et ne relis jamais mes interviews. J'ai du mal avec ça. Mais oui, je suis content car c'est moi qui l'ai fait de A à Z et pour une fois, ce n'est pas quelqu'un qui parle pour moi."

On insiste, mais il y a quand même une mise au point, notamment à la suite de la fameuse affaire de "la table de nuit", en Nouvelle-Zélande en 2009...  
Oui, forcément. Il y a eu beaucoup d'amalgames, de choses dites... J'ai aussi laissé trop dire, j'ai été passif à ce niveau-là. J'ai été obligé un moment de remettre les choses en place. Cela fait un moment que j'ai tourné la page, je regarde plus devant que derrière moi. Maintenant ça me fait sourire de recroiser certains de vos confrères...

A LIRE AUSSI 
>> Le XV de France en mode commando
>>
Toute l'actu sport de metronews

Lire et commenter