Pourquoi Picamoles a raison de signer en Angleterre, d'après ses prédécesseurs

Pourquoi Picamoles a raison de signer en Angleterre, d'après ses prédécesseurs

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RUGBY - Que Louis Picamoles quitte le Top 14, autoproclamé ''meilleur Championnat du monde'', pour la Premiership peut surprendre. Mais selon Olivier Brouzet et Olivier Magne, qui ont traversé la Manche avant lui, son choix est le bon. Car les bons côtés de l'Angleterre sont nombreux.

Un niveau comparable au Top 14
Moins connue que le Championnat français, la Premiership n'a pas grand-chose à envier à son homologue. ''Il y a eu un creux ces dernières années avec la domination de Toulon en Europe, mais aujourd'hui, le Championnat d'Angleterre n'est pas moins bon, estime Olivier Magne, joueur aux London Irish entre 2005 et 2007. C'est une compétition très complète, où aucune équipe ne fait d'impasse, contrairement au Top 14. Le fait qu'il n'y ait que 12 équipes permet aussi de mieux se préparer.'' D'autre part, la France n'a peut-être pas une aussi bonne compétition qu'elle le prétend, tout du moins des questions se posent depuis la claque reçue en Coupe du monde face aux All Blacks (62-13).

► Le besoin d'une nouvelle culture
C'était la principale raison évoquée par le 3e ligne du Stade toulousain pour justifier son choix . Comme Olivier Brouzet, parti lui aussi à Northampton en 2000 et pour deux saisons. ''J'ai senti le besoin de m'éloigner du Championnat français, de connaître une autre culture, de me mettre un peu en danger'', dit le 2e ligne dans une sorte d'écho au discours de Picamoles. Et l'actuel directeur du développement de l'Union Bordeaux-Bègles de vanter les mérites des Saints. ''C'est un très grand club, très familial, avec un public très important.''

► Une autre manière de vivre le rugby
La culture britannique est une chose. Celle du rugby  au pays qui a inventé ce sport  en est une autre. ''On vous fait comprendre, quand vous arrivez, que vous avez les moyens à disposition mais que c'est de votre responsabilité de les utiliser'', explique Magne. Il y a quinze ans, Brouzet avait déjà côtoyé un groupe en quasi-autogestion, alors que les staffs sont hyper étoffés. ''Les entraîneurs avaient un rôle très technique, se souvient-il. Quelques joueurs cadres faisaient régner l'ordre dans le groupe, on avait envie de travailler.'' Un modèle dont devrait s'inspirer le rugby français, poursuit Magne. Il pourra en bénéficier à chaque fois que le futur ex-Toulousain rejoindra l'équipe de France.

 Picamoles va réussir
Meilleur joueur français du dernier Mondial, Louis Picamoles arrivera en pleine force de l'âge en Premiership, lui qui aura 30 ans en 2016. ''Il part au très bon moment, juge Olivier Magne. Mon seul regret, c'est de ne pas l'avoir fait assez tôt (à 32 ans, ndlr). S'il se met dans les meilleures dispositions, qu'il s'adapte vite, et il n'y a aucune raison pour qu'il ne le fasse pas, il ne peut que progresser.'' D'après Brouzet, l'international français peut même devenir un de ces leaders qui mènent les Saints de Northampton au quotidien. Un sacré défi, donc. C'est ce que cherchait le Toulousain.

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