Il "ouvre" les VI Nations avec Angleterre-France : pourquoi Twickenham est un stade mythique

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Le XV de France au Tournoi des Six Nations

TEMPLE - L'édition 2017 du tournoi des VI Nations débute ce samedi avec notamment au programme le "Crunch", le choc entre l'Angleterre et la France. Un choc qui se déroule à Twickenham, l'un des stades les plus célèbres de l'Ovalie. LCI vous explique pourquoi.

Ce samedi 4 février, à 17h50, l'Angleterre et la France se retrouvent à Twickenham, près de Londres, pour disputer leur 1re rencontre du tournoi des VI Nations 2017. Les joueurs des deux équipes vont de nouveau fouler une pelouse plus que mythique. Pour des raisons historiques et sportives, le nom de Twickenham est en effet immédiatement associé au rugby.

Twickenham possède une histoire

Construit en 1908 par la Fédération anglaise de rugby (RFU, qui en est donc propriétaire) à une vingtaine de kilomètres à l'Ouest du centre de Londres, le stade de Twickenham -il s'agit tout simplement du nom de la ville qui l'accueille-, est aujourd'hui plus que centenaire. D'où évidemment une histoire plus fournie, par exemple, que le Stade de France, qui, avec ses 19 ans, fait figure de bambin. 

Twickenham a ainsi accueilli son premier match en 1909. L'année suivante, l'équipe d'Angleterre s'y installait pour ne plus le quitter. Dès cette époque, les tribunes pouvaient accueillir 20.000 spectateurs. Des travaux réguliers d'agrandissement et de rénovation ont ensuite porté sa capacité jusqu'à 82.000 places, ce qui fait aujourd'hui de Twickenham le plus grand stade de rugby du monde. Lors de cette longue histoire,  l'enceinte a notamment accueilli plusieurs matches lors des  Coupes du monde 1991, 1999 et 2015, dont les finales des éditions 1991 et 2015. 

Twickenham n'est dédié qu'au rugby (ou presque)

Propriété et siège de la RFU, le stade a été uniquement dédié qu'au rugby pendant presque un siècle. Un musée de l'histoire du rugby y est également installé. D'où une identification facile pour le grand public : le rugby en Angleterre, c'est Twickenham. Et Twickenham, c'est le rugby. C'est, en comparaison, beaucoup plus compliqué en France où le XV de France a joué successivement, entre autres, au stade Yves du Manoir de Colombes, au Parc des Princes à Paris ou encore au Stade de France à St-Denis, des enceintes également utilisées pour le foot.

Depuis les années 2000, la fédération anglaise a néanmoins "violé" son propre code. Contre de gros chèques, elle loue ainsi désormais parfois son écrin pour des matches de rugby à VII ou à XIII, des conventions ou des concerts (U2 s'y produira par exemple en juillet).

"Swing low, sweet chariot" y raisonne

Certes, la "tradition" est récente puisqu'elle remonte à seulement 1988. A cette époque, le XV à la Rose était au fond du trou. A la mi-temps du dernier match du Tournoi des V Nations (ndlr : il n'est devenu le Tournoi des VI Nations qu'en 2000 avec l'intégration de l'Italie), l'Irlande mène 3-0. Au retour des vestiaires, les joueurs anglais sonnent la révolte : ils inscrivent six essais en seconde mi-temps -dont trois par Chris Oti, premier joueur noir anglais à fouler la pelouse depuis plusieurs décennies- et l'emportent 35-3.

Des supporters venus de l'Abbaye de Douai, à Woolhampton, entonnent alors leur chant favori, "Swing low, sweet chariot" ("Balance-toi lentement, doux char") en l'honneur de Chris Oti. Un chant décalé pour l'Angleterre puisqu'il s'agit d'un negro spiritual remontant au 19e siècle et venu de l'autre côté de l'Atlantique. Ce gospel est cependant repris par tout le stade. La "tradition" est née. Elle est désormais perpétuée à quasiment tous les matches, notamment quand l'Angleterre mène au score. "Swing low, sweet chariot" est même considéré comme l'hymne officieux du XV de la Rose. 

C'est un lieu vraiment à part"- Bernard Laporte, président de la FFR

Pour le premier match du XV de France depuis son élection à la tête de la Fédération, Bernard Laporte, le nouveau patron du rugby français, est gâté avec ce "Crunch". Un match qui lui promet des sueurs froides étant donné la dynamique dans laquelle est engagée l'Angleterre depuis sa Coupe du monde ratée de l'automne 2015 (13 matches et autant de victoires en 2016, dont le Grand Chelem dans le tournoi).

Consultant de TF1 pendant la Coupe du monde de 2015,  Bernard Laporte nous avait confié "adorer" Twickenham. "Depuis toujours, on joue à Twickenham comme dans un temple du rugby. C'est un lieu vraiment à part", s'enthousiasmait-il. Jouer dans ce stade ne représente-t-il pas cependant une pression supplémentaire pour le XV de la Rose ? "Je ne crois pas, au contraire. Ce qui est extraordinaire là-bas, ce sont les supporters. Moins les Anglais jouent bien, plus le public les encourage. On ne voit ça nulle part ailleurs", rappelait-il. 

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