Rugby : le BO, c'est moche

Rugby : le BO, c'est moche

DirectLCI
TOP 14 – Conséquence de sa défaite de samedi à Perpignan (16-10), le Biarritz olympique est officiellement relégué en Pro D2. La conclusion logique d'une saison cauchemardesque pour le champion de France 2006 et finaliste de la Coupe d'Europe en 2010.

Ils ont sombré presque dans l’indifférence. A lire la presse ce dimanche matin, il semble que les observateurs du rugby français ont plus voulu retenir le superbe match nul du Stade français face à au Stade toulousain (27-27) plutôt que la relégation désormais actée des Biarrots. Il faut dire que cette descente en Pro D2 ne surprend personne, puisque l'on attendait simplement la sanction mathématique de la saison cauchemardesque du BO.

Une confirmation reçue samedi à Perpignan, où le club du président Serge Blanco a connu sa 18e défaite depuis le début du Championnat (16-10). "On était pratiquement condamné, maintenant c'est sûr. Il nous reste quatre matches, il va falloir honorer le maillot jusqu'à la fin", a notamment lâché Dimitri Yachvili, un des rares joueurs à s'être présenté devant la presse à l'issue de la rencontre. Car il doit régner un sentiment de honte dans le vestiaire basque, celui d'avoir sorti de l'élite, après 18 ans de présence, un des monuments de l'ovale tricolore.

Un long déclin que personne n'a voulu voir

Il y a encore peu de temps, Biarritz était ce qui se faisait de mieux en Top 14 : trois titres de champion de France entre 2002 et 2006, deux finales de Coupe d'Europe en 2006 et 2010, une victoire en Challenge européen en 2012 et des joueurs internationaux à la pelle. Aujourd'hui encore, le BO coule avec pas mal de bijoux à son bord. Parmis eux, Yachvili, donc, Raphaël Lakafia, Damien Traille, Iain Balshaw, Imanol Harinordoquy, Fabien Barcella, Takudzwa Ngwenya, Julien Peyrelongue encore Benoît Baby. Autant de talents qui n'ont pourtant pas réussi à sauver le club de la déroute.

La faute à un long déclin entamé il y a déjà quelques années, sans que personne ne veuille forcément s'en rendre compte. "Cela fait quand même plusieurs saisons que c'est dur, qu'on se bat pour le maintien, confirme Harinordoquy, le capitaine biarrot. L'année dernière, on était encore 13e en janvier et ça a été très dur d'aller chercher le maintien. Mais on a tendance à oublier les mauvais moments et les mauvais passages quand on s'en sort et qu'on passe à la saison suivante."

Une fuite des talents basques déjà annoncée

Neuvième en 2012 et 2013, Biarritz n'a pas su redresser la barre, faute d'anticipation, parfois, et surtout de solution à résoudre cette difficile équation : comment attirer de jeunes talents dans un effectif vieillissant quand le club devient moins attractif ? D'autant qu'en dehors des terrains, rien n'a été épargné aux Basques ces derniers mois.

Entre les quatre contrats bloqués par la DNACG, l'organe de contrôle financier de la Ligue nationale de rugby (LNR), en début de saison (au final seules trois recrues sur quatre ont pu jouer) et les rumeurs incessantes de fusion avec le voisin/ennemi Bayonne, 2013-2014 n'a jamais été placée sous le signe de la sérénité. "Dans une saison, il y a des choses que l'on maîtrise, d'autres moins et d'autres pas du tout", souligne d'ailleurs avec amertume l'entraîneur Didier Faugeron. Un sentiment auxquel les Biarrots vont sans doute devoir se faire, car avec cette relégation en Pro D2, une fuite des talents basques est déjà annoncée.
 

Plus d'articles

Sur le même sujet