Tournoi des VI nations : les Bleus s'offrent un peu de répit

Tournoi des VI nations : les Bleus s'offrent un peu de répit

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RUGBY - Critiqué depuis deux semaines, le XV de France a remporté une victoire étriquée en Ecosse samedi (19-17), dans un match haché par les fautes et approximations. Toujours en position de remporter le Tournoi, les Bleus se rangent derrière cette idée. Mais dans le fond, leur niveau de jeu irrégulier, indigne d'un champion d'Europe, sidère.

Pas besoin d'avoir été bercé dans les tribunes d'un terrain de rugby du Sud-Ouest pour comprendre. ''Il y a des matches comme ça où on ne retient qu'une chose : la victoire.'' Difficile de faire plus consensuel que Philippe Saint-André, après la prestation insipide de ses hommes en Ecosse (succès 19-17) . ''On ne peut pas être euphorique après ce match, mais il n'y a pas de mauvaise victoire'', renchérit Maxime Machenaud, docteur ès pragmatisme - après le coup de sifflet final en tout cas, un peu moins sur le terrain samedi. ''C'est un ouf de soulagement'', résume Yoann Huget, auteur du seul essai tricolore sur une interception et une course de 80 mètres, manière de se faire pardonner sa boulette en début de match qui a amené le premier essai des locaux.

Le XV de France se satisfait donc, à l'unanimité, d'une victoire arrachée sur une pénalité de Doussain à deux minutes de la fin, face à un adversaire qui ne l'a battue qu'une fois depuis le début du siècle. ''Oui, car l'année dernière, à la même période, on avait trois défaites et un match nul'', rappelle le sélectionneur, lequel avait érigé ce Tournoi en celui de la victoire, voire du Grand Chelem, envolé après la déculottée galloise . ''Malgré nos erreurs, on arrive à gagner alors que l'an dernier, on aurait perdu ce match, appuie Mathieu Bastareaud. On ne va retenir que du positif.''

''On se cherche mais à force de le répéter, on aimerait finir par se trouver''

Manière de se rassurer, ce rappel d'un passé infernal est surtout un moyen de ne pas se projeter dans le futur, à dix-huit mois d'une Coupe du monde en Angleterre. Tout juste les Bleus se satisfont de ''s'offrir une finale au Stade de France contre l'Irlande'', samedi, ''un match qui sera trois fois plus dur'', admet Machenaud. Car aussi peu consistant soit-il, le XV de France pourrait remporter le Tournoi 2014, en fonction de plusieurs résultats (*). Et ce bouclier reste efficace, pour une semaine au moins, avant que les critiques pleuvent sur le staff et les joueurs en cas d'échec (pas si improbable).

La principale visera le jeu de ce XV de France, ou plutôt son non-jeu. Si très peu d'acteurs en parlent – même Mathieu Bastareaud assure que ''quand on respecte les schémas de jeu, ça marche''. Imaginez la prestation s'ils n'avaient pas respecté ces schémas – Maxime Médard s'y est essayé. ''Il n'y a pas trop de lancements de jeu, je crois qu'on manque de confiance en nous, on n'ose pas tenter les bonnes actions, explique celui qui, brillant une semaine plus tôt avec Toulouse en Top 14, n'a pas vu un ballon à Murrayfield. On s'est fait des croche-pattes, les gens ont le droit de gueuler, on n'a pas montré un beau match. C'est une équipe qui se cherche mais à force de répéter cela, on aimerait finir par se trouver.'' Les amateurs de rugby le souhaitent aussi.

(*) A égalité avec l'Irlande à la 1re place, les Bleus pourraient être rejoints par l'Angleterre ou le pays de Galles, qui s'affrontent ce dimanche. En cas d'égalité à 3, le goal-average particulier prime. 

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