Wilkinson - Farrell : le maître face à son successeur

RUGBY
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RUGBY - Un an après la victoire de Toulon en demi-finale de H Cup, Jonny Wilkinson et Owen Farrell se retrouvent, samedi (18 heures), en finale de la Coupe d'Europe. Les deux demi d'ouverture anglais se livreront à nouveau un match dans le match en guise de revanche pour le second, surpassé l'an dernier par le maître Wilko.

L'image avait fait le tour de la planète ovale. Il reste moins de 10 minutes à jouer en demi-finale de la Coupe d'Europe. Le ballon est toulonnais. En sortie de regroupement, le cuir arrive à Wilkinson qui tente de se mettre sur son pied droit pour tenter le drop. Son homologue Owen Farrell, qui a anticipé, monte sur lui. Alors le numéro 10 toulonnais se décale sur son crampon gauche et envoie un coup de patte limite désespéré qui frôle le poteau et offre 3 points de plus aux Varois. Dépité, Farrell sent la qualification échapper aux siens. Et se fait consoler par Wilkinson.

C'était le premier affrontement entre l'un des plus grands ouvreurs de tous les temps et celui qui doit désormais lui succéder au sein du XV de la Rose. Et à l'image de cette scène, il avait largement tourné en faveur du premier, alors auteur des 24 points de son équipe à Twickenham, un jardin qu'il a si souvent fait sien. Désormais, Farrell, 22 ans, a pris plus de place et gagné en expérience, en témoigne son match plein face à Clermont, giflé en demi-finale (46-6). ''Owen a montré cette saison combien il est capable de faire face à la pression, prévenait son coach Mark McCall avant le match. Il subit des plaquages rudes et y répond très bien. Cela ne pose plus de problème pour rester dans le match. Il y a quelques années, il aurait peut-être été un peu perturbé. Plus maintenant.''

Armitage : '' Je n'échangerais Jonny contre Farrell pour rien au monde''

Le résultat d'un apprentissage commencé très tôt. Après avoir tapé ses premiers coups avec son international de père, Andy Farrell, Owen est devenu le plus jeune rugbyman à jouer en Premiership (la Division 1 britannique) en 2008, à l'âge de 17 ans. Passées les critiques d'un jeu trop morne et pas assez collectif, voilà que le Sarry (surnom des joueurs des Saracens) porte les espoirs de tout un pays, qui espère soulever la Coupe du monde qu'il accueille en 2015. ''Un numéro 10 doit faire gagner le match donc c'est normal de lui mettre la pression'', concède Farrell, ''devenu incroyablement mature'' souligne son entraîneur. ''Ça ne me dérange pas d'être ciblé, j'ai fini par prendre conscience de ce sur quoi je dois me concentrer'', reprend le joueur.

Sorte de gendre idéal, Owen Farrell marche dans les pas de Jonny Wilkinson, qui prendra sa retraite à la fin de la saison , et dont il épouse le même style de jeu, pragmatique et efficace. Cette progression fulgurante peut-elle le faire gagner son face-à-face avec son aîné, plus expérimenté, meilleur défenseur et toujours impérial au moment de faire gagner son équipe ? Interrogé par la presse anglaise, Steffon Armitage, coéquipier du second à Toulon et du premier en sélection, a visiblement fait son choix. ''Je n'échangerais Jonny contre Farrell pour rien au monde. En tant que flanker, il est bon de savoir que Jonny va s'attaquer à tout ce qu'il croise sur son chemin. Nous avons confiance à 100 % en lui quand il aligne un coup de pied, comme vous devez avoir confiance en votre numéro 10.''

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