XV de France - Australie : pourquoi retrouver Nakaitaci et Vakatawa aux ailes n'est pas forcément une bonne nouvelle...

RUGBY

RUGBY - Toujours dans son souci de produire du jeu, Guy Novès a décidé de faire confiance à deux joueurs fidjiens et spectaculaires pour tenter de briser la défense australienne samedi soir (21 heures, au Stade de France). Mais c'est aussi le révélateur d'un manque de profondeur dans le réservoir 100 % made in France.

C'est une première dans l'histoire du XV de France : les ailes seront occupées samedi contre l'Australie par deux joueurs nés à l'étranger, les Fidjiens d'origine Noa Nakaitaci et Virimi Vakatawa. Des choix qui illustrent l'ambition de jeu du sélectionneur, mais aussi les faiblesses de la formation française à ces postes. Mais les questions sur ce thème ont le don d'agacer le Guy Novès, qui a par ailleurs titularisé à l'ouverture Jean-Marc Doussain, Sébastien Vahaamahina en deuxième ligne, Charles Ollivon un cran plus bas et Cyril Baille au poste de pilier gauche. "En ce qui me concerne, à partir d'un moment où un joueur est sélectionnable, je le sélectionne s'il le mérite", a d'abord répondu Novès. Mais relancé sur le fait de savoir si la présence de Vakatawa (24 ans, 6 sél.) et Nakaitaci (26 ans, 8 sél.) symbolisait le manque de réservoir actuel aux ailes du rugby français, il s'est étonné "qu'on revienne régulièrement sur ce genre de questions". 

Ce n'est pas une affaire de réservoir. Ils sont français pour moi"- Guy Novès

Et de poursuivre : "Il faudrait deux heures pour parler de l'avenir du rugby français, je peux, mais je ne sais pas si avez assez de bobine. Ce n'est pas une affaire de réservoir. Ils sont français pour moi". Nakaitaci (1,90 m, 98 kg), préféré à Yoann Huget et titulaire samedi contre les Samoa (52-8), après un énorme passage à vide après la Coupe du monde 2015, est arrivé en 2010 à Clermont en provenance de l'académie fidjienne de Nadroga. Quant à Vakatawa (1,86 m, 92 kg), qui est arrivé en 2009 et qui comme Nakaitaci possède un passeport français, il s'est installé sur l'aile gauche des Bleus lors du dernier Tournoi des VI nations et a inscrit samedi à Toulouse un triplé contre les Samoa pour son premier match depuis fin août et les Jeux olympiques de Rio avec l'équipe de France à 7. 

"Qu'ils soient blancs, gris ou noirs, ce sont des hommes qui mettent un maillot et défendent une nation, car ils ont été accueillis (en France) comme certains Espagnols, Roumains ou ce que vous voulez. Il ne faut pas aller chercher plus loin", a encore développé le sélectionneur. Reste que les joueurs formés à l'école fidjien ont tout de même la réputation d'allier d'énormes capacités physique à une déroute explosivité pour l’adversaire. Des atouts sur lesquels compte bien s'appuyer le XV de France pour bousculer les Australiens samedi. Mais qui, en creux, illustre aussi les manques actuels du rugby français, par le passé beaucoup plus fourni aux ailes. 

Saint-André, après la blessure d'Huget en ouverture de la Coupe du monde 2015, avait ainsi confié une aile à l'arrière de formation Brice Dulin, et Novès a ensuite aligné (outre Huget et samedi Nakaitaci) un non-spécialiste (le centre Fofana), deux bizuths (Mignot et Camara) et deux revenants (Thomas et Bonneval). Soit à peu près l'ensemble des joueurs disponibles en Top 14 où, lors de la 9e journée (la dernière où les internationaux de la "Liste Elite" étaient présents), seuls huit des 28 ailiers alignés au coup d'envoi étaient ainsi éligibles en Bleu. Et la moitié des clubs (7 sur 14) n'en avaient aucun sur le terrain au coup d'envoi.

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