XV de France : cinq raisons pour lesquelles ces filles séduisent tant

RUGBY
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MONDIAL - Le XV de France dispute mercredi soir, à 20h45, la demi-finale de Championnat du monde féminin face au Canada, au stade Jean-Bouin de Paris. A guichets fermés, comme la finale pour laquelle les Bleues espèrent se qualifier. Car cette équipe, en une semaine et trois matches, a su créer un élan inattendu. Explications.

Parce que c'est en France
Cela n'a pu qu'aider. Marcoussis, pour les matches du XV de France, a fait le plein, réunissant à chaque fois trois milliers de spectateurs. Rien de mirobolant, alors que cette équipe avait remporté le Grand Chelem, l'hiver dernier, devant 5000 personnes au stade du Hameau de Pau, terre de rugby. L'ambiance bon enfant, familiale, colorée de bleu-blanc-rouge dans le cadre champêtre du centre national du rugby, ont su créer le terreau pour lancer une dynamique. Que le stade Jean-Bouin et ses 20.000 places vont décupler encore.

La France aime que ses filles gagnent
Il y a eu l'équipe de France de foot de Bruno Bini, demi-finaliste du Mondial 2011 et des Jeux Olympiques de Londres 2012. Puis les 'Braqueuses' de Céline Dumerc, championnes d'Europe 2009 et vice-championnes olympiques 2012. Désormais, ce XV de France s'inscrit dans le lot des équipes féminines de sport collectifs qui gagnent. Et ça, les Français aiment. Comme ils s'enthousiasment des médailles olympiques de judokates, nageuses ou épéistes, qui retombent presque aussitôt dans l'anonymat. On s'offusque que les médias ne parlent pas assez de ce Mondial féminin. Avant le premier match, personne ne savait pourtant qu'elles étaient championnes d'Europe. Et qui se doutait qu'il y avait un Mondial à venir en France?

Des athlètes fraîches et charmantes
L'ouvreuse, Sandrine Agricole, qui rémunère sur ses deniers personnels un préparateur physique pour retrouver son niveau, à 34 ans. La pilier Lise Arricastre, peintre en bâtiment dans le Sud-Ouest, qui voit son salaire amputé quand elle monte à Paris pour un rassemblement. Un paquet d'étudiantes, une ambulancières, une factrice... Toutes sont là pour 77 euros par jour d'indemnités. Oui, cette sélection a une odeur de ''sport vrai'', d'amour du maillot. Et toutes se montrent ultra-disponibles, charmantes, et profitent de ces (brefs?) instants d'exposition médiatique. Comme les basketteuses et footballeuses. Difficile de résister à des filles qui allient performance et simplicité...

Le désamour du XV masculin
… Encore plus quand, chez les hommes, c'est tout le contraire ! Pour l'équipe de France de foot, cet état d'esprit a été souligné, vénéré, bien loin du cas des hommes, qui sortaient de Knysna. Alors que le XV de France masculin sort de deux années désastreuses , que son sélectionneur assume le pire bilan depuis 30 ans et qu'elle n'enthousiasme pas, ces Bleues représentent tout le contraire. Moins dans l'affrontement, beaucoup plus axées sur le jeu de passes et la prise d'espace, les Françaises semblent prendre autrement plus de plaisir, et en donnent tout autant, elles qui ont déjà marqué 14 essais en trois matches. ''C'est la particularité de la femme : quand elle a du monde autour, elle a envie de séduire'', plaisante Nathalie Amiel, co-entraîneur du XV de France.

L'opportunité médiatique
Deux semaines que le Mondial était fini, la Ligue 1 qui tarde à arriver, le Top 14 encore plus... et PAF, la Coupe du monde de rugby qui arrive. Alors en voyant l'équipe de France réussir de bons résultats, les médias se sont emparés de l'histoire pour glorifier ce collectif. France 4, qui avait choisi de diffuser tous les matches en direct, ne s'y est pas trompé : 1 millions de téléspectateurs pour le premier match en moyenne, près de 1,5 million au suivant, presque 2 pour le dernier samedi, preuve que la fenêtre de tir existait. En plus appuyée par une campagne de communication efficace, à la fois politique (Mme Vallaud-Belkacem) et fédérale (la FFR, les internationaux masculins, les autres athlètes français). Et il est devenu indispensable de regarder cette équipe encore inconnue il y a deux semaines. Une finale de Coupe du monde serait un pas de plus vers la reconnaissance.

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