XV de France : Philippe Saint-André prend enfin son temps

RUGBY
RESPIRATION - Toujours pressé par le calendrier infernal du Top 14, le sélectionneur s'est souvent plaint d'être pris par le temps. Depuis juillet dernier que le XV de France prépare la Coupe du monde et depuis trois semaines que la compétition a commencé, Philippe Saint-André a enfin le chronomètre pour lui. Il ne pourra donc plus brandir cette excuse en cas d'échec contre l'Irlande dimanche (17 h 45).

C'est sa rengaine. Depuis que PSA a pris les rênes de l'équipe de France en septembre 2011, il répète à chaque contre-performance de ses joueurs que son staff et lui ont manqué de temps pour bien les préparer. Pourtant, presque quatre ans, c'est long, surtout pour ses détracteurs qui lui reprochent d'avoir galvaudé les VI nations (4es en 2012, 2014 et 2015 et surtout derniers en 2013...) pour cette Coupe du monde. Et si Philippe Saint-André ne dira jamais qu'il a négligé le Tournoi, il admet que le temps long du Mondial lui convient mieux.

"La différence avec vous, c'est qu'en France le rugby donne la priorité aux clubs, expliquait le sélectionneur à un journaliste irlandais vendredi. Toute l'année, mes gars jouent 40 matches par saison et je ne les ai que quelques jours pour préparer un match des VI Nations. Avec la Coupe du monde, c'est différent". L'ancien arrière peut installer des choses, une dynamique collective et avoir un coup d'avance comme il savait le faire sur le terrain. Quand ses Bleus ont dû enchaîner en quatre jours le match face aux Italiens (le 19 septembre) et la Roumanie (le 23 septembre), le staff a ainsi pu préparer deux XV de France quasi distincts, puisque seulement deux joueurs ont enchaîné les rencontres.

"Il faut passer entre les gouttes pendant trois ans et demi. Et tu as trois mois pour changer l'histoire d'un groupe"

On est bien loin du sentiment d'improvisation et du manque de ligne directrice que l'on pouvait reprocher à Saint-André ces dernières années. "Quand tu es sélectionneur, et je m'y étais préparé, qu'il faut passer entre les gouttes pendant trois ans et demi. Et tu as trois mois pour changer l'histoire d'un groupe, expliquait-il avant la Coupe du monde. Ce qui fait la différence, c'est d'avoir les joueurs avec toi pendant une longue période". Un seul forfait (Yoann Huget) et un groupe qui semble rester uni malgré la hiérarchie installée depuis le match contre le Canada (1er Canada), le XV de France vit bien en Angleterre grâce, notamment, à une préparation estivale efficace.

Tellement qu'il commence à nous faire croire à une Coupe du monde réussie et voit donc déjà plus loin que ce choc contre l'Irlande dimanche à Cardiff  "On a eu une longue semaine de 10 jours (sic) pour préparer ce match et c'est une bonne chose, estime encore PSA. L'enjeu est de savoir si on va finir premier du groupe mais aussi de voir si on va jouer notre quart de finale samedi (17 octobre, contre la Nouvelle-Zélande, ndlr) ou dimanche (18, face à l'Argentine, ndlr)". Ou comment invoquer le calendrier pour ne pas évoquer l'adversaire.

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