XV de France : pourquoi Novès a attendu une succession de forfaits pour enfin rappeler Bastareaud ?

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Le XV de France au Tournoi des Six Nations

RUGBY - Le centre toulonnais, cadre de l'équipe de France du temps de Philippe Saint-André, a dû attendre les blessures successives de Wesley Fofana et de Henry Chavency avant de retrouver les Bleus pour le stage préparatoire au Tournoi des six nations (du 4 février au 18 mars). Éléments d'explication...

Ça commençait à devenir intenable. Redevenu monstrueux avec le RCT ces derniers mois, Mathieu Bastareaud (28 ans et 39 sélections) ne semblait pourtant toujours pas entrer dans les plans de Guy Novès. Jamais appelé depuis la Coupe du monde 2015 et la prise de fonction de l'ancien coach de Toulouse, le centre surpuissant (1,83 m pour 120 kg) n'était en effet pas dans le premier groupe de 32 joueurs retenus par le sélectionneur pour préparer le Tournoi. Pas plus qu'il n'a été convoqué dimanche pour pallier le forfait de Wesley Fofana (talon d’Achille), qui joue pourtant dans son secteur de jeu... 

On ne veut pas s'enfermer en ne mettant que des joueurs à gros potentiel physique"- Guy Novès, il y a quelques jours au sujet de Mathieu Bastareaud

Il aura donc fallu attendre ce lundi et l'officialisation de la blessure du remplaçant Henry Chavancy aux cervicales pour voir Novès, contraint par les événements, devoir enfin acter le retour de "Bastarocket" aux affaires tricolores. Mais pourquoi une telle réserve concernant ce joueur ? On retombe en fait sur ce qui a toujours divisé chez Bastareaud et sur ce qu'on lui a souvent reproché : son physique hors norme est une force, mais aussi un handicap. Car selon ses détracteurs, le centre toulonnais, à la technique limitée il faut bien l'avouer, ralentirait le jeu. Presque rédhibitoire quand le staff du XV de France prône la vitesse et le mouvement... 

Interrogé par RMC sur l'absence de Bastareaud après la blessure de Fofana, Novès n'avait d'ailleurs pas caché qu'il s'agissait bien d'un problème de casting : "Il est plutôt dans un profil à la Yann David ou à la Rémi Lamerat alors qu'Henry Chavancy a plus le profil d’un Gaël Fickou ou d’un Wesley Fofana. Il faut essayer d’être cohérent par rapport à notre projet de jeu. On ne veut pas s'enfermer en ne mettant que des joueurs à gros potentiel physique. On est parti avec une certaine éducation depuis un an. On va s’y tenir". 

L'incarnation du rugby restrictif et physique prôné par PSA

La succession de forfait et la bonne forme du moment de Bastareaud en ont donc décidé autrement, même si rien ne dit qu'il fera partie des joueurs retenus pour affronter l'Angleterre le 4 février. Car pour le sélectionneur et bon nombre d'observateurs, le Toulonnais reste bien malgré lui l'un des symboles des tristes années PSA (2011-2015), durant lesquelles le XV de France ennuyait tout le monde et ne battait plus personne avec son rugby restrictif, essentiellement fait de collisions plutôt que d'évitement. Plus vraiment dans l'air du temps.

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