XV de France : Yoann Maestri, un garçon très prudent

RUGBY
CARACTÈRE – Plutôt discret, le deuxième ligne s'est pourtant imposé comme une pièce maîtresse du XV de France de Philippe Saint-André. Auteur d'une bonne première partie de Coupe du monde et évidemment titulaire dimanche face à l'Irlande (17 h 45), Yoann Maestri ne s'enflamme pas sur son parcours en bleu.

Sans jamais faire de bruit. Annoncé comme un "phénomène" dès ses premiers pas en pro à Toulon 2007, Yoann Maestri (27 ans) a pourtant passé ces dernières années à tenter de ne pas trop prendre la lumière. 

Non pas qu'il n'en ait pas le talent, mais le deuxième ligne, qui évolue désormais à Toulouse (depuis 2009), préfère le calme au tumulte médiatique. Pourtant, ce grand gaillard de 2,01 m pour 119 kg ne craint pas les journalistes, il est même plutôt à l'aise avec eux. Tellement que c'est pieds nus qu'il s'est présenté au dernier point presse tricolore, à l'hôtel des Bleus vendredi.

Blagues, analyses, anecdotes ( c'est Maestri qui a dévoilé l'existence de tournois acharnés sur le jeu vidéo Fifa au sein du XV de France ) et confessions, on sent quand on l'a face à soi un garçon posé, intelligent... et très prudent. "Au moment où la liste des 36 est sortie (le 19 mai dernier, ndlr), j'étais soulagé d'y être, confie même celui qui a pourtant été sélectionné à 40 reprises par Philippe Saint-André depuis 2012. Ce n'est pas que je ne me considère pas comme un cadre ou pas légitime, c'est juste que c'est ma philosophie de vie : je sais que beaucoup de choses peuvent changer du jour au lendemain". Alors, Maestri savoure chaque instant de cette Coupe du monde qu'il a entamée avec sérieux, à l'image des Bleus.

"Car contrairement à nous, les Irlandais de la régularité et ont su gagner des matches phares"

Mais sans jamais s'enflammer : "Après les années compliquées que l'on vient de vivre, on n'est pas en position d'être présomptueux et on ne le sera pas, même si on finit premier de notre groupe, affirme-t-il. Mais ça n'empêche pas d'être ambitieux". Car comme tous ses coéquipiers, le natif d’Hyères (Var) rêve de soulever la Coupe du monde le 31 octobre prochain mais sait que pour être sacré à Londres, il faudra d'abord briller contre l'Irlande dimanche à Cardiff. Car aucune équipe championne du monde n'a perdu de match de poules avant. "Pour moi, c'est normal de considérer que les Irlandais sont favoris, estime encore Maestri. Car contrairement à nous, ils ont de la régularité et ont su gagner des matches phares".

Mesuré, donc défaitiste ? Pas vraiment le genre de ce deuxième ligne accrocheur, qui ne refuse jamais le combat sur le terrain mais qui n'hésite pas à "prendre beaucoup de recul" en dehors. Et quand il le fait pour évoquer l'équipe nationale, le jeune homme se remplace volontiers dans la peau de l'enfant fan du XV de France qu'il était il y a maintenant quelques années. "J'ai des souvenirs de supporter où en 1999 (lors de la demi-finale de la Coupe du monde, ndlr), les Blacks avaient sans doute pris les Français un peu de haut parce qu'ils leur avaient mis 50 points quelques semaines plus tôt (54-7). Ils l'avaient regretté (défaite 43-31 contre les Bleus, ndlr), raconte Maestri. Et si les Irlandais se disent qu'ils vont passer car ça fait quatre ans qu'on ne les a pas battus...". Il n'en dira pas plus, la prudence, toujours.

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