AOC, AOP, IGP, AB... que signifient ces dénominations sur les bouteilles de vin

BUDGET
DirectLCI
REPÈRES - Ce qui fait un vin, c'est bien plus que son cépage ou sa région. Il y a aussi les labels AOC, AOP, IGP ou encore bio. Pour vous aider à choisir une bouteille, voici ce que signifient ces mentions.

Les labels du vin sont nombreux. AOC, IGP, sans appellation si les bouteilles sont issues des régions viticoles françaises... difficile de s'y retrouver dans les différentes mentions qui figurent sur les étiquettes. LCI fait le point.  

AOC/AOP : les critères les plus stricts

L'appellation d'origine contrôlée (AOC) ou son équivalent européen l'appellation d'origine protégée (AOP) correspond à un terroir bien délimité et à un cahier des charges précis tenant compte des traditions : emplacement de la culture, cépages utilisés, rendements par hectares, les degrés d'alcool, les techniques de vinification notamment.


"Cette appellation a beau être stricte, elle n'est pas pour autant en soi un gage de qualité car c'est le travail du vigneron qui fait la différence. Certains, en véritables jardiniers de la vigne, passent plusieurs heures par jour sur le terrain tandis que d'autres se limitent à un quart d'heure", signale à LCI le sommelier et consultant en vins Emmanuel Delmas


Parmi ces AOC, on trouve, par exemple, le Saint-Estèphe produit dans la région viticole du Médoc. Au total, 366 vins et eaux de vie sont sous AOC en France, selon l'Institut national de l'origine et de la qualité (Inao), l'organisme gouvernemental qui attribue ces appellations. Cela représente 441.200 hectares de vignes et près de 21,5 millions d'hectolitres commercialisés.

IGP : un cahier des charges plus ouvert

L'indication géographique protégée (IGP) est soumise à un cahier des charges moins restrictif que l'AOP. La zone géographique est plus large et les méthodes de culture des vignes et de vinification sont moins figées. "En imposant moins de contraintes aux vignerons, l'IGP laisse plus de libertés -à ceux qui le souhaitent- pour jongler et adopter certains choix, tels ceux des cépages, des techniques culturales notamment et faire la différence, là où une AOC les aurait restreints", explique le sommelier. 

La France compte 74 vins enregistrés en IGP,  représentant un tiers de la production viticole du pays. II s'agit par exemple du Franche-Comté, produit dans les vignobles du Jura.

VDP : l’équivalent des IGP depuis 2009

Le vin de pays (VDP) est élaboré à partir de raisins provenant d'une région donnée, au sens large (c'est-à-dire une zone possédant des caractéristiques géologiques et climatiques homogènes). Depuis 2009, cette dénomination vinicole est devenue IGP, à condition que le viticulteur ait effectué les démarches auprès de l'Inao. Il s'agit par exemple des vins de pays du Périgord, qui possèdent donc désormais le label IGP. A noter que certains vignerons affichent encore les deux appellations. 

VDQS : une dénomination remplacée par l’AOC/AOP

Le vin délimité de qualité supérieure (VDQS) correspond à une catégorie qui n'existe plus depuis 2012. Il s'agissait par exemple du Chateaumeillant, des Côtes-de-Millau ou encore des coteaux du Quercy. La dénomination impliquait un cahier des charges proche de celui des AOC/AOP. Dans un souci de simplification, et tenant compte du fait que ses volumes de production concernés étaient faibles (400.000 hl), elle a été supprimée. La plupart des productions concernées sont passées en AOC/AOP.

Vin bio, biodynamique et sans souffre ajouté : ce n’est pas pareil

Le vin issu de l'agriculture biologique (label AB) est issu de vignes qui n'ont pas reçu  de traitement chimique (ni herbicide pour supprimer les mauvaises herbes, ni engrais chimiques pour fertiliser). Le fumier est en revanche parfaitement autorisé. "C'est la garantie d'un vin conduit de manière propre, nette, non sali par les produits chimiques ou phytosanitaires", assure Emmanuel Delmas, tout en précisant que "certains vignerons travaillent dans ces conditions sans pour autant avoir demandé la certification en raison des lourdes démarches administratives demandées. On remarquera qu'il s'agit souvent de vignerons qui ne se sont jamais vraiment écartés du bio".

En vidéo

Des amateurs de bon vin en pleine immersion chez les vignerons

Le vin cultivé en agriculture biodynamique ou en biodynamie (labels Demeter ou Biodyvin) va encore plus loin : non seulement les vignes sont traitées avec des préparations à base de plantes infusées mais le mouvement des astres est aussi pris en compte dans les différentes étapes. A ne pas confondre non plus avec les vins sans souffre ajouté, qui représentent 2% des vins bio. Cet élément est naturellement produit par le vin lors de sa fermentation mais en quantité limitée. "Certaines techniques très pointues permettent de produire du vin sans soufre mais cela reste risqué, le vigneron, tel un funambule, avance sans filet, il doit être vraiment irréprochable, pointu, et malheureusement si certains parviennent à sortir de magnifiques vins, ils sont une petite minorité. Libres et libérés ces vins évoluent de manière assez imprévisible, fragilisés, ils subissent de nombreux soubresauts. Vigilance, donc, pour public averti. ", explique Emmanuel Delmas.  

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter