100 km à faire pour avorter cet été ! Le planning familial alerte sur les difficultés d'accès à l'IVG pendant les vacances

100 km à faire pour avorter cet été ! Le planning familial alerte sur les difficultés d'accès à l'IVG pendant les vacances

DirectLCI
IVG - Plus de 40 ans après la loi Veil, le Planning Familial alerte sur les difficultés d’avorter dans certaines régions l’été. Dans le Loiret, les femmes qui souhaitent une interruption volontaire de grossesse doivent parfois faire 100 km !

Le droit à l'avortement prend-il des vacances pendant l'été en France ?Dans une tribune publiée il y a quelques jours, le Planning familial dresse un constat inquiétant sur les difficultés d’accès à l’avortement dans certains territoires notamment l'été.  

100 km pour un avortement

 Cet été, dans le Loiret,  certaines femmes devront faire 100 km pour avorter, constate ainsi le planning familial.  A Orléans, il faut attendre entre deux et trois semaines pour être reçu en consultation. Les femmes sont majoritairement redirigées vers Blois, à 60 kms, quand ce n’est encore plus loin. "Parfois on les envoie même en région parisienne, car on remplit très vite les hôpitaux plus proches", déplore Sarah Durocher, animatrice au Planning Familial du Loiret.

Pourtant dans cette région, l’Agence Régional de Santé (ARS) a fait "beaucoup d’efforts" selon cette animatrice. Mais en période de départs en vacances, ces efforts sont vains. "Nous sommes une région désertique au niveau de l’offre de santé en général, ajoute-t-elle, même pour une échographie il faut aller dans le privé pour que ce soit rapide. " La ville ne compte ainsi plus que trois cabinets médicaux aptes à pratiquer l’interruption volontaire de grossesse. Et en ce moment, ils sont tous en vacances. 

Un manque général de structures

"Avec le numéro vert mis en place en 2015 (0800 08 11 11) on épaule et on guide les femmes, explique Véronique Sehier, co-présidente du Planning Familial. Dans ces zones rurales il faut les réorienter, leur éviter le parcours de la combattante, et surtout ne pas leur faire perdre du temps." Car c’est le manque de temps qui inquiète le plus les femmes désireuses d’avorter. Alors quand celles-ci n’ont plus le temps de traverser la France pour avorter, elles renoncent, ou vont à l’étranger. C’est pourquoi en juillet et en août, les femmes ont moins recours à l’avortement que le reste de l’année, selon le rapport annuel de la DRESS. "Nous n’avons pas de chiffres officiels, puisqu’il faudrait demander à toutes les cliniques d’Europe, mais on estime que l’avortement à l’étranger concerne  5.000 Françaises chaque an."  Une obligation qui creuse d’autant plus les inégalités entre les femmes. Car une IVG au Pays-Bas, possible jusqu’à 22 semaines de grossesse contre 12 en France, peut coûter environ  700 euros. Une Française qui n’a pas ce type de financement  perd alors son droit à l’avortement. 

Selon Sarah Durocher, les problèmes que rencontrent les femmes en été sont le reflet d’un manque général de structures pour réaliser des IVG. Elle préconise donc plus d’efforts pour les rendre accessible partout et à tout moment." Il faudrait que l’avortement, qui est aujourd’hui un forfait, soit revalorisé financièrement pour que les hôpitaux y trouvent un intérêt économique. Ensuite il faut lutter contre le mouvement anti-choix qui persiste à désinformer la population, et notamment les étudiants en santé." Un chemin vers l’accès à l’IVG pour toutes qui est donc encore long. Sarah Durocher conclut : "La loi existe. Son accès non."

En vidéo

Le combat pour l'IVG de Simone Veil raconté par son fils, Pierre-François

Retrouvez dans la vidéo ci-dessus l'interview du fils de SImone Veil au sujet de la loi sur l'interruption volontaire de grossesse.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter