150 tonnes d'aliments pour bétail contaminées par une bactérie interdite circulent en France

150 tonnes d'aliments pour bétail contaminées par une bactérie interdite circulent en France

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MAUVAISE CIRCULATION - 150 tonnes d’aliments à destination du bétail français ont été contaminées par un OGM non conforme aux réglementations européennes, selon les informations du Monde. Trois fabricants d’aliments et douze éleveurs seraient touchés.

C’est Le Monde qui sonne l’alerte ce jeudi 29 novembre. Selon les informations du quotidien, confirmées par LCI, 150 tonnes d’aliments à destination du bétail français sont contaminées par un OGM non conforme aux réglementations européennes. Selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), contactée par cette nourriture contaminée aurait été distribuée à trois fabricants et douze éleveurs.

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Et si les OGM ne servaient à rien ?

Contacté par LCI, l’organe relevant du ministère de l’Économie a expliqué que, dès le 2 octobre, les autorités belges avaient déclaré aux autorités françaises avoir détecté une bactérie résistante aux antibiotiques dans la vitamine B12. Cette vitamine, "additif indispensable" utilisée dans la nourriture pour le bétail, est produite en Chine et parfois avec "des bactéries dites OGM". Mais, conformément à la loi européenne qui n'interdit pas la totalité des OGM, il faut cependant que toute trace de gène antibio-résistant ait disparue "de l’alimentation animale". "Les denrées contenant des traces de gènes d’antibio-résistance ne sont donc pas conformes à la réglementation européenne et justifient leur retrait du marché", explique ainsi la DGCCRF. 


Alors, des enquêtes sont en cours entre le ministère de l’Agriculture et celui de l’Economie afin de retrouver les lots contaminés auprès des exploitations et des entreprises afin de "s’assurer de leur retrait". Encore faut-il que ces lots n’aient pas été déjà consommés par les animaux. L’alerte ayant été donnée aux autorités françaises il y a près de deux mois. 

Responsabilité européenne

Si ces aliments "ne présentent aucun risque immédiat pour le consommateur" selon la DGCCRF, il est cependant important de retracer rapidement les 150 tonnes contaminées pour éviter la propagation dans l’environnement d’organismes résistants aux antibiotiques. "Les autorités françaises prennent donc cette alerte avec le plus grand sérieux", rassure-t-on à Bercy, qui indique qu'elle demandera à la Commission européenne de préciser "rapidement des lignes directrices de gestion harmonisées au niveau de l'Union européenne." En d'autres termes, comprendre comment une telle circulation illégale est possible dans les frontières de l'Union.


Car, selon l’association Foodwatch, 20 pays sont aujourd’hui touchés par ces denrées contaminées, comme les Pays-Bas, ou l’Italie, l’Espagne, la Pologne, la Suisse, ou encore la Norvège. De quoi pousser l’association à dénoncer ce jeudi une "opacité inadmissible" et une "omerta" de la part des autorités européennes sur ces questions. L’organisation, spécialiste des questions d’alimentation, critique notamment le "manque de traçabilité en Europe" et lance une pétition réclamant "plus de transparence". Et pour cause, selon Le Monde, ce n’est que le 14 novembre, un mois après la première alerte belge, que les services néerlandais, dont est originaire la société en charge de distribuer la vitamine B12, ont donné aux Etats les éléments nécessaires pour retracer les lots infectés. De quoi compliquer le travail des États. Et reculer le temps de la destruction de cet OGM interdit. 

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