1900 décès... mais déjà plus de 10.000 guérisons : ils ont survécu au Coronavirus, ils témoignent

1900 décès... mais déjà plus de 10.000 guérisons : ils ont survécu au Coronavirus, ils témoignent
Santé

BON RÉTABLISSEMENT - Selon les données de 44.000 patients publiées ce lundi par l'OMS, "plus de 80%" des personnes atteintes du coronavirus n'en meurent pas. Fièvre à 40 degrés, quarantaine, inquiétude... Témoignages de ces "survivants" du Covid-19.

C'est le chiffre qui passe toujours inaperçu. Si le nombre de décès liés au coronavirus - près de 1900 ce mardi matin - augmente, il en va de même pour les guérisons. Selon le rapport quotidien des autorités publié par l'agence de presse officielle chinoise, lundi 17 février, ils sont près de 10.850 à être sortis guéris de l'hôpital dans le pays.

Dans la presse chinoise, on découvre ces témoignages en nombre. Se félicitant de tel enfant qui a combattu la maladie, saluant le courage des docteurs qui ont sauvé une personne âgée ou publiant des vidéos de cas confirmés sortant de l'hôpital, une poignée de fleurs à la main... tout est fait pour rappeler que des survivants existent. 

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Le gouvernement est allé jusqu'à organiser une conférence de presse, vendredi 14 février, pour donner la parole à Li. On ne perçoit pas d'angoisse dans le témoignage de cette informaticienne de 31 ans. Elle confie avoir ressenti eu que des symptômes mineurs, et s'être sentie "en sécurité une fois hospitalisée". "On ne devrait pas avoir peur de cette maladie", a-t-elle déclaré devant les journalistes, encourageant la population à se rendre à l'hôpital pour un examen "dès que possible". Le message que voulaient faire passer les autorités, peu friandes de critiques, était simple. Et ils ont pu compter sur la jeune femme pour le résumer ainsi : "Nous pouvons définitivement vaincre la maladie."

Au moment le plus difficile, je me suis demandé si j'allais mourir- Tiger, un survivant au coronavirus

Un témoignage qui ne s'éloigne pas de la réalité. D'après les données de l'OMS, près de 80% des malades ont guéri du coronavirus. Mais pas sans difficultés. Tiger* a même cru qu'il allait y laisser la vie. Interrogé par CNN, le jeune homme de 21 ans revient sur ces trois semaines qui ont changé sa vie. Les premiers symptômes se font sentir le 17 janvier. Il se sent un peu malade et endolori, rien de très inquiétant en plein hiver. Il se traite "comme pour un rhume normal", avec des médicaments disponibles en pharmacie. Malheureusement, quatre jours plus tard, sa situation empire. Il est si malade qu'il en perd l'appétit et décide de se rendre à l'hôpital. Sur place c'est la surprise. L'établissement est plein à craquer. "Un vrai bordel", se rappelle-t-il. 

Il se tourne vers un autre lieu, où on le renvoie chez lui sans diagnostic. Enfermé dans son appartement, son état continue de se détériorer. Le jeune homme décrit une "toux folle" qui s'accompagne de maux d'estomac, de vomissements et de diarrhées. Tout ça avec une fièvre conséquente, supérieure à 39 degrés. "J'avais froid, mais mon corps était chaud." Finalement, Tiger retourne à l'hôpital, où il est officiellement diagnostiqué comme étant contaminé par le coronavirus et pris en charge. Rapidement guéri grâce à des médicaments habituellement utilisés pour traiter le VIH, il est mis en quarantaine dans un hôtel le 9 février. C'est là qu'il séjourne encore aujourd'hui, en attente des résultats des quatre tests négatifs nécessaires avant un retour chez soi.

L'absence de diagnostic rapide a été particulièrement difficile à vivre pour Edison*. Cet ingénieur de 31 ans confie même avoir été "rassuré" quand la nouvelle est tombée. "Au début, j'étais empli de peur. Puis une fois diagnostiqué, j'ai compris que je n'avais d'autre choix que de suivre le traitement". Arrivé à Wuhan le 22 janvier avec sa femme et ses beaux-parents pour le nouvel an chinois, il a attendu plus d'une semaine des analyses. Résultat : toute sa famille est malade. Si sa femme et son beau-père sont encore pris en charge, lui a pu sortir le 9 février dernier. Les mains vides. La quasi-totalité de ses effets personnels, comme ses vêtements ou ses livres, ont été détruits. Dans ces deux cas, les témoignages indiquent combien l'attente, l'inconnue et le manque d'informations traumatisent au moins autant que les symptômes. 

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C'est cette inconnue qui a poussé Kem au plus grand des sacrifices. Étudiant camerounais dans la ville chinoise de Jingzhou, il a refusé de rentrer au Cameroun sans connaissance suffisante sur sa condition. "Peu importe ce qu'il se passait, je ne voulais pas ramener la maladie en Afrique", confie à la BBC l'homme de 21 ans. Et pour cause, le souvenir de son enfance dans ce pays d'Afrique de l'Ouest sur fond d'épidémie du paludisme est encore vif. Désormais en quarantaine dans son dortoir universitaire, il a lui aussi reçu un traitement proche de celui donné aux malades du VIH.

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Dans l'Hexagone également, on guérit du virus. Le premier malade est d'ailleurs aussi le premier survivant. D'origine chinoise, il a quitté le CHU de Bordeaux jeudi dernier. S'il préfère rester anonyme, pour des raisons évidentes de confidentialité, les autorités sanitaires ont donné des éléments sur son séjour à l'hôpital dans lequel il est resté … 22 jours ! Si cela peut "paraître beaucoup", une telle durée était essentielle "au regard du côté inédit de cette maladie".

C'est dans ce contexte que l'homme de 48 ans a été le premier à recevoir du Remdesivir. Cet antiviral "agit directement sur le virus pour empêcher sa multiplication", comme l'explique le professeur Denis Malvy, responsable de l'unité maladies tropicales et du voyageur de l'établissement. Il lui a été administré "par voie intraveineuse pendant dix jours", en concertation avec l'OMS. Durant toute cette période, le patient était en lien resserré avec son praticien, qu'il a pu contacter "7 jours sur 7 et 24 heures sur 24", via une "ligne téléphonique". D'autres contacts avec l'extérieur l'ont aidé à garder le moral. Des SMS et des coups de fil de ses amis mais aussi de son employeur, qui le contacte quotidiennement. "Je ne l'ai jamais senti angoissé. C'est un optimiste de nature", explique-t-il dans les pages du site spécialisé Vitisiphère. Un "isolement forcé", comme il le décrit, qui lui fait "prendre conscience que le quotidien d'une vie est précieux".

Une fois rétabli, le Bordelais n'était pas sorti d'affaire. Trois examens étaient nécessaires pour sortir : "deux examens biologiques normaux en 72 heures", certifiant qu'il n'avait plus de symptômes, mais aussi un test psychosociologique afin de vérifier qu'il était apte à rentrer chez lui. C'est donc par une prise de sang, puis par un scanner des poumons, qu'il a dû passer avant de sortir. "C'était dur", confesse-t-il, soulignant l'importance de cette liberté "banale mais fondamentale" que représente celle d'être "libre de ses mouvements". Pour s'en remettre, le patient bénéficie toujours d'un support psychologique, "lié au stress qu'il a connu, à cause de ses conditions de confinement imposées". Désirant rester hors de la lumière médiatique, il fait savoir qu'il va prendre quelques vacances. Objectif : "Respirer, se reposer la tête, loin du monde, au grand air".

* Tous ces prénoms ont été modifiés

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