5 choses à savoir sur les expérimentations animales

5 choses à savoir sur les expérimentations animales

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MEDICAMENTS – Malgré les tests préliminaires qui ont conduit à la mort de cinq chiens, L'ANSM ne remet pas en cause le feu vert donné pour son essai clinique chez l'homme, par Biotrial. Utilité, risques, législation... metronews fait le point.

L'essai clinique mené par Biotrial qui a conduit à la mort d'une personne et des lésions profondes chez quatre autres n'a pas fini de faire couler de l'encre. Le Figaro  révèle ce mercredi, la mort de cinq chiens lors des essais pré-cliniques réalisés en amont.

Malgré cela, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ne remet pas en cause sa validation pour que des essais soient réalisés sur l'homme : les morts animales lors de ce type de tests "ne sont pas rares".

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► Tous les médicaments sont testés sur les animaux
Au-delà de la souffrance infligée aux animaux lors des essais clinique, Catherine Rémy, chercheur à l'Institut Marcel MAUSS, explique à metronews que tous les résultats obtenus lors des tests ne sont pas transposables à l'homme. "Il peut y avoir une marge d'erreur et le risque zéro n'existe pas". Cependant, les laboratoires ont aujourd'hui l'obligation légale de faire ses tests préliminaires avant de commercialiser leurs médicaments. "Ils visent à préciser le mécanisme d'action du médicament, à évaluer son activité et son devenir dans l'organisme", rappelle l'ANSM.

► Chiens, chats, souris... 2,2 millions d'animaux morts pour la science en France
Plus de 11 millions d'animaux ont été tués dans les laboratoires en Europe en 2011. La France est championne d'Europe avec 2,2 millions de sacrifiés pour la médecine, selon le dernier rapport de la Commission européenne. Les souris sont les plus utilisées pour faire ces tests, c'est aussi l'espèce qui enregistre le plus de perte avec 1,3 millions. Viennent ensuite les poissons, les rats, les lapins, les animaux à sang froid comme les poissons ou les reptiles et enfin les primates. Bien derrière, 3000 chiens et 569 chats sont également morts dans un laboratoire.

► L'intérêt général avant tout
Ces sacrifices mobilisent l'opinion publique. Une pétition, "Stop vivisection" a récolté plus d'1,1 million de signatures dans toute l'Europe. Son but : abroger la directive de 2010 pour interdire l'expérimentation animale. Mais cette mobilisation n'aura pas été suffisante pour la Commission européenne. Elle juge, dans une décision du 3 juin 2015, que "l'expérimentation animale reste importante pour protéger la santé des citoyens et des animaux, et pour préserver l'environnement."

► Des avancées juridiques
Malgré cette décision, le droit tend de plus en plus à protéger les animaux des laboratoires. Depuis une directive européenne de 2010, il est notamment interdit de faire des tests sur les animaux pour des cosmétiques. De plus, elle promeut le principe des 3R :
- réduction de l'utilisation d’animaux à des fins expérimentales ;
- remplacement des animaux par des méthodes alternatives (cellules souches, par exemple) ;
- raffinement des conditions d’élevage, d’hébergement et de soins, et des méthodes expérimentales utilisées pour diminuer la douleur et la souffrance des animaux.

► Vers des solutions alternatives ?
La directive européenne incite au développement des méthodes substitutives à l'expérimentation animale. "Des nouvelles techniques pourraient être mise au service de la science comme l'utilisation de cellules souches", suggère Christophe Marie. Certains laboratoires le font déjà comme le confirme Pierre, étudiant en 3ème année de thèse dans un laboratoire de recherche fondamentale en Angleterre. "Mais le principal problème est que les résultats d'une expérience sur un animal ou un homme peuvent dépendre de la qualité de son petit déjeuner ou de son sommeil, nous explique t-il. Cette difficulté est en partie résolue lorsqu'on travaille sur les animaux car on contrôle mieux certains aspects de leur vie quotidienne." L'arrêt des expérimentations animales n'est donc pas pour demain.

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