5 choses surprenantes que vous ne savez (peut-être) pas sur les intestins

5 choses surprenantes que vous ne savez (peut-être) pas sur les intestins
Santé

INSOLITE – Si les intestins sont considérés comme notre deuxième cerveau, ce n’est pas pour rien. Avec 100 milliards de bactéries et 200 millions de neurones, cette partie de l’appareil digestif est loin de ne servir qu’à digérer les aliments. Voici quelques-uns de ses secrets.

Situés au plus profond des entrailles, les intestins jouent un rôle clé pour la santé. Dès la naissance, près de 100 milliards de bactéries s’y côtoient et forment ce que l’on appelle le microbiome. C’est notamment lui qui nous protège de nombreuses agressions extérieures, comme la quantité de nourriture plus ou moins équilibrée – et parfois impressionnante - que nous ingurgitons lors des fêtes de fin d’année.  

Mais outre les bactéries, le ventre est tapissé de neurones. Grâce à elles, il communique directement avec le cerveau. Longtemps ignorées, les scientifiques cherchent désormais à percer le secret de ces conversations secrètes. Et pour cause, les maladies neurodégénératives comme Alzheimer pourraient trouver leur origine dans l’intestin. Etonnant ? LCI lève le voile sur les mystères d’un organe des plus précieux pour le système digestif. 

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L’appareil digestif pourrait recouvrir un terrain de tennis

Œsophage, estomac, intestin grêle, gros intestin… le système digestif s’étend de la bouche à l’anus. Une fois consommé, un aliment a ainsi près de 7 mètres à parcourir. Pour ce faire, il met plus ou moins de temps selon le transit de chacun. Le plus impressionnant est sûrement le petit intestin, aussi appelé intestin grêle, avec ses près de 6 mètres de long. Dans leur ouvrage Le ventre notre deuxième cerveau (ed. Tallandier, ARTE editions), Fabrice Papillon et Héloïse Rambert estiment que si l'on pouvait déplier l’ensemble, un terrain de tennis serait recouvert. Soit jusqu'à 200m2.

Les intestins logent 2 kilos de bactéries

En plus d’être longs, le petit et le gros intestin sont lourds. Et pour cause, environ 100 milliards de bactéries tapissent leurs parois. Ces bactéries qui constituent le microbiome (ou la flore intestinale) pèsent ainsi près de 2 kg. Et si elles sont aussi nombreuses, c’est parce qu’elles ont du travail à accomplir. Leur première fonction est bien sûr de rendre assimilables les aliments. Mais aussi, les bactéries aident à contrer les virus et les bactéries nocives.

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Près de 200 millions de neurones sont à l’intérieur du ventre

Et oui, le cerveau et la moelle épinière ne sont pas les seules à avoir des neurones. L’intestin grêle en est aussi pourvu et a sa propre structure nerveuse. L’intérêt ? L’intestin grêle a besoin d’une certaine puissance nerveuse pour faire progresser les nutriments et le cerveau peut ainsi se consacrer à d’autres tâches que la digestion. 

Les émotions influencent les bactéries intestinales (et vice-versa)

"Il a la peur au ventre", "elle a quelque chose dans le ventre"… ces expressions ne sortent pas de nulle part. Le ventre est en effet directement lié aux émotions. Ainsi, lorsqu’on est stressé, on ressent "une boule au ventre". Pour certains, la digestion va même se retrouver altérée. C’est physiologique : le cerveau transmet certaines émotions par voie nerveuse et sanguine au ventre (via les hormones). Inversement, le ventre transmettra les informations au cerveau s’il ressent des douleurs digestives par exemple. 

Dépression, Alzheimer… les bactéries intestinales pourraient soigner le cerveau

Depuis quelques années déjà, les chercheurs planchent sur de nouvelles pistes thérapeutiques. Son crédo : soigner le microbiome pour soulager le cerveau. Improbable mais pourtant réaliste. Une étude canadienne menée en 2011 a notamment révélé qu’il était possible d’influer sur l’anxiété en modifiant la flore intestinale de souris. Plus précisément, l’équipe de l’université de McMaster a réalisé une transplantation fécale du microbiote d’une souris non anxieuse vers celui d’un rongeur anxieux. Résultat : les chercheurs ont observé une baisse de l’anxiété chez le petit mammifère en question et une mémoire plus performante. La piste des probiotiques pour soigner un trouble psychique fait toujours son chemin dans la tête des scientifiques. 

D’autres travaux encore étudient des pistes plus étonnantes : certains scientifiques pensent que la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson s’attaque d’abord aux neurones de l’intestin avant celles du cerveau. Si cette hypothèse est vérifiée, le dépistage pourrait être réalisé de façon plus précoce. Une chose est sûre : l’intestin est loin d’avoir révélé tous ses secrets. 

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