Les cliniques et hôpitaux privés sont-ils presque vides alors que les établissements publics saturent ?

Les cliniques et hôpitaux privés sont-ils presque vides alors que les établissements publics saturent ?
Santé

À LA LOUPE – Alors que la mobilisation des hôpitaux publics est intense, qu'en est-il dans le privé ? Les cliniques sont-elles presque vides, comme le laisse entendre des messages sur les réseaux sociaux ? Plus du tout, assurent les professionnels du secteur.

Une série de témoignages laisse entendre sur Facebook ou Twitter que les établissements de santé privés sont quasiment à l'arrêt, alors même qu'ils seraient prêts à prendre en charge des patients atteints du Covid-19. Des messages qui laissent perplexe alors que dans les établissements publics, la tension est permanente pour trouver des lits, des places en réanimation et assurer une prise en charge efficace. 

La députée LR des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer s'est émue lundi 30 mars d'une telle situation. "Je lis un peu partout que les cliniques privées (qui se disent prêtes à aider) seraient encore vides ou faiblement remplies contrairement aux hôpitaux publics", a-t-elle commencé. " Fake news ou triste réalité ? Qu'attendons-nous ?", s'est interrogée l'élue dans une publication largement relayée. 

Une situation révolue

Qu'en est-il sur le terrain ? Du côté de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP), on indique aujourd'hui que que "les différents acteurs travaillent désormais main dans la main après avoir su mettre en place une action coordonnée et efficace sous l’égide des Agences régionales de santé". La FHP s'est ainsi fendue d'un communiqué lundi 30 mars pour mettre en garde contre des messages circulant "sur les réseaux sociaux" et "reprenant d’anciens articles qui ne reflètent plus du tout la situation réelle de ce jour sur le terrain". Ces messages, indique la Fédération, "datent maintenant de près d’une semaine, quand la FHP lançait un appel à une plus grande utilisation des cliniques".

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Ce mardi sur LCI, Lamine Gharbi a refait un point sur la situation. Le président de la FHP s'est notamment réjoui de voir les établissements privés "pleinement mobilisés", avec notamment un déploiement important de moyens en Île-de-France, où "300 lits de réanimation" ont été mis en place. Il a également souligné la "complémentarité" avec le public, "sur les échanges de disponibilités et de matériel en fonction des situations locales". L'heure n'est pas à la polémique, assure-t-il.

Les ressources des établissements privées sont-elles sous-utilisées ? Ce constat, "c'était il y a trois semaines", assure Lamine Gharbi, "aujourd'hui, ce n'est plus le cas". Devant ces propos, il semblerait donc que l'appel du président de la FHP ait été entendu. Encore la semaine dernière, il regrettait que le privé ne soit pas assez sollicité. "C'est un contre-sens, il faut que le public et le privé se parlent plus", assurait-t-il. Une imprécation semble-t-il entendue.

La Direction générale de la Santé, quant à elle, indique n'avoir pas pas eu écho de problèmes particuliers. Tout juste estime-t-elle qu'une "petite période de flottement a pu avoir lieu au moment de la mise en place du dispositif". Rien de surprenant, poursuit-elle, sachant que "l'on déploie aujourd'hui des moyens jamais encore mis en place jusqu'à présent".

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Un effet "Plan blanc" ?

Une autre explication a été avancée pour expliquer que les structures privées n'aient initialement pas été sollicitées de manière aussi intensive que dans le public. L'ARS d'Île-de-France a ainsi indiqué au HuffPost qu'il fallait sans doute y voir un effet "Plan blanc". 

"Avec la crise que l’on est en train de traverser, le Plan blanc, plan de gestion des crises sanitaires, a été mis en place", indique-t-elle. "Dans ce cadre, il a été établi une hiérarchie au niveau des hôpitaux, publics et privés. Les hôpitaux de première, deuxième, troisième et quatrième ligne. En première ligne, nous avons priorisé les hôpitaux publics car ce sont des structures qui disposent d’un service d’urgences et qui accueillent un siège du Samu, ce qui ne peut pas se trouver dans le privé. Ce sont les structures qui ont les moyens les plus importants qui sont postées en premier et qui prennent les cas les plus graves. Ensuite viennent les cliniques."

Quoi qu'il en soit, il ne faut pas s'alarmer devant un petit retard à l'allumage. C'est en tout cas le message passé par Frédéric Valletou. Pour le président de la Fédération hospitalière de France, "il est normal qu’entre le moment où l’on demande à une clinique de déprogrammer des opérations et le moment où les premiers patients arrivent, il se passe quelques jours".

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