Abus sexuels, "comptabilité insincère"... La Cour des comptes accable l'Ordre des médecins

Santé

EXPLOSIF - Le Canard enchaîné, à paraître ce mercredi 27 février, dévoile un rapport provisoire des juges de la Cour des comptes qui accuse l'Ordre des médecins de ne pas sanctionner des abus sexuels. Le document pointe également une comptabilité "insincère", la faute à plusieurs "approximations, manques et erreurs".

Les charges à l'encontre de l'Ordre des médecins sont accablantes. Abus sexuels non sanctionnés, "comptabilité insincère", "rémunérations déguisées"... Un rapport provisoire de la Cour des comptes dévoilé par Le Canard enchaîné à paraître mercredi étrille sévèrement l'institution, qui entend "contester avec force" certains points relevés par l'hebdomadaire. 

Dans un texte, l'Ordre a exprimé "son plus vif étonnement" concernant la diffusion de ce pré-rapport, issu d'un "contrôle de plusieurs mois de l'ensemble" de ses échelons territoriaux, mais qu'il n'a pas encore reçu. La Cour des comptes a de son côté déploré la publication "d'observations provisoires, de nature confidentielle" qui "porte atteinte au bon déroulement des procédures encadrant la phase contradictoire" de ses travaux et "nuit (...) à la bonne information des citoyens".

Des "plaintes" sans "aucune poursuite disciplinaire"

D'après Le Canard enchaîné, les Sages de la rue Cambon ont identifié "de nombreux cas" de médecins n'ayant fait l'objet d'"aucune poursuite disciplinaire" malgré des "signalements", "plaintes" voire condamnations "au pénal". L'Ordre reconnaît que tous ses échelons "doivent améliorer leur accueil des personnes qui se disent victimes, l'écoute qui leur est due, et l'action devant les chambres disciplinaires". Mais il regrette que les circulaires interministérielles "demandant aux procureurs de la République" de l'informer "de plaintes pénales déposées à l'encontre de médecins (...) restent trop souvent sans effet".

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Côté finances, la Cour dénonce une comptabilité "insincère", des "approximations, manques, erreurs" et "écritures délibérément faussées". Par exemple, l'aménageur du nouveau siège de l'Ordre, dans le XVIIe arrondissement de Paris, "a perçu 8,8 millions" d'euros entre 2016 et 2018, loin du devis initial, de 4,9 millions. Pour l'Ordre, ce décalage s'explique notamment par la remise en cause de "l'expertise initiale en matière d'amiante", au "fur et à mesure de l'avancée du chantier".

La hausse des "petits achats" informatiques (tablettes, portables, ordinateurs) entre 2011 et 2016, une forme de laxisme face aux liens d'intérêt de certains médecins ou encore le recrutement de parents d'élus de l'Ordre font également partie des éléments soulevés par les juges de la Cour des comptes dans ce pré-rapport. "La gestion de l'institution est plus saine aujourd'hui qu'elle ne l'était hier", a assuré l'Ordre, engagé "depuis 2013" dans "un processus de modernisation".

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