Accouchements déclenchés : l'oxytocine, une hormone trop souvent utilisée en France

Accouchements déclenchés : l'oxytocine, une hormone trop souvent utilisée en France
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MATERNITÉ – L'oxytocine, une hormone de synthèse, permet de déclencher rapidement un accouchement. Pourtant, son utilisation n’est pas sans risque. Le Collège national des sages-femmes livre ses recommandations.

L’accouchement est-il trop médicalisé en France ? Une nouvelle fois, la question se pose. L’oxytocine devait être réservée  à certaines situations précises, mais aujourd’hui son usage s’est banalisé dans les maternités. Depuis près de 50 ans, cette hormone de synthèse stimule les contractions et accélère l’accouchement. Elle est le dérivé d’une hormone naturelle, l’ocytocine, produite par l’hypotalamus. Selon l’Enquête périnatale de 2010, l'oxytocine était administrée chez 64% des femmes en salles de travail.


Pourtant, comme toutes les substances actives, son usage comporte des risques. Par exemple, elle a été associée à des anomalies de la contractilité utérine entraînant des anomalies du rythme cardiaque. De plus, l’Inserm avait mis en garde contre le risque d’hémorragie grave du post-partum, c'est-à-dire de la fin de l'accouchement au retour des premières règles. Un sur-risque qui augmentait en fonction de la dose administrée.

Un accouchement trop médicalisé

Afin de limiter le recours à l'oxytocine, le Collège national des sages-femmes (CNSF) rappelle les bonnes pratiques et émet des recommandations. "On médicalise beaucoup l'accouchement en France. Le déclenchement, la péridurale, l'épisiotomie, l'administration d'oxytocine sont globalement plus pratiqués que dans les autres pays d'Europe. Ces recommandations sont importantes car elles visent à trouver un juste milieu. Il ne s'agit pas de 'démédicaliser' mais de mieux prescrire, la juste dose, au bon moment", précise Camille Le Ray, gynécologue-obstétricienne citée dans le dossier du CNSF.

Pour un usage raisonné

Le CNSF liste les situations dans lesquelles l’hormone de synthèse doit être utilisée. Parmi les indications : une contraction anormale de l’utérus, une chirurgie obstétricale et une atonie de l’utérus. Ce dernier terme désigne l’absence de contractions utérines après l’accouchement. Un phénomène pouvant engendrer une très forte hémorragie.


Le CNSF préconise un meilleur accompagnement des sages-femmes et des gynécologues-obstétriciens pour une administration raisonnée de l’oxytocine. De plus, il suggère d'informer davantage les patientes. Les spécialistes recommandent également  le retour à un accouchement plus respectueux du rythme naturel. "Si au bout d'une heure le bébé n'est pas descendu, on peut encore attendre avant d'administrer de l'oxytocine", précise le Dr Le Ray  dans le document du CNSF. "En revanche, au bout de 2 heures il faut en administrer car on a montré qu'après la troisième heure à dilatation complète, on observait une augmentation des risques maternels, notamment hémorragique".

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