Accouchements : le laboratoire Pfizer retire son (très) controversé Cytotec

Accouchements : le laboratoire Pfizer retire son (très) controversé Cytotec

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SANTÉ - Soupçonné d'être à l'origine de plusieurs complications graves lors d'accouchements déclenchés, le Cytotec sera retiré du marché français dès le 1er mars, révèle "Le Parisien".

Le Cytotec, médicament du laboratoire américain Pfizer, retiré du marché français le 1er mars. C'est ce qu'a affirmé au Parisien le laboratoire, une informations confirmée auprès du quotidien par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Le médicament est normalement utilisé pour traiter les personnes souffrant d'un ulcère à l'estomac, selon son autorisation de mise sur le marché (AMM). 


Toutefois, il est également administré "dans le cadre d'IVG médicamenteuse et de déclenchements d'accouchement", rapporte Le Parisien. Le Cytotec, dont le principe actif est le mysoprostol, a en effet la particularité d'accélérer les contractions. Le hic ? Aucune AMM n'a été octroyée pour ce médicament dans ces deux cadres précis, "ce qui n’est pas illégal, mais doit être limité aux prescriptions sans alternatives et seulement après information du patient", explique le quotidien. 

Plusieurs mises en garde depuis 2005

En 2013, l'ANSM alertait déjà "sur les risques potentiels liés à l’utilisation hors AMM du Cytotec (misoprostol) dans le déclenchement de l’accouchement et toute autre utilisation gynécologique". "Des effets indésirables graves ont été rapportés avec une utilisation de Cytotec dans le déclenchement du travail comme la survenue de rupture utérine, d’hémorragies ou d’anomalies du rythme cardiaque fœtal", détaillait à l'époque l'Agence de santé. 


Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français avait alors dénoncé dans un communiqué une décision prise "sans aucune concertation avec la profession" et une "médecine 'parapluie'" qui, "sous prétexte de vouloir se couvrir de tout risque de mise en accusation" refusait de prendre en compte "l'intérêt de la patiente".

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Une utilisation gynécologique dénoncée par Pfizer

Au total, des mises en garde ont été formulées par l'ANSM en "2005, 2008, 2013, 2015", affirme au Parisien le docteur Christelle Ratignier-Carbonneil, directrice générale adjointe de l’ANSM. Elle avoue toutefois l'impuissance de l'Agence : "Nous ne pouvons pas interdire quelque chose qui n’est pas autorisé". 


C'este dans ce contexte que le laboratoire Pfizer a indiqué mercredi 18 octobre au Parisien qu'il "ne préconise pas" l'utilisation gynécologique du Cytotec et annoncé le retrait du marché français de son médicament "du fait de la persistance du problème". Une décision qui survient alors que ce jeudi, le Lien, une association de patients, prévoit d'alerter sur les risques pour la femme et l'enfant dus au Cytotec, toujours selon Le Parisien. "Nous avons accumulé les dossiers et vite compris l’ampleur du problème", pose le fondateur du Lien, Alain-Michel Ceretti.

En France, 20 à 25% des accouchements font l'objet d'un déclenchement, selon différentes sources. 

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