Alcool, tabac, cannabis... les ados très dépendants de ces substances psychoactives

Alcool, tabac, cannabis... les ados très dépendants de ces substances psychoactives

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SANTE - Fut-il s'inquiéter du comportement de plus en plus addictif des jeunes français vis-à-vis des substances psychoactives ? La réponse est oui. Une vulnérabilité qui accroît l'impact de leurs effets neurotoxiques sur la mémoire et l'apprentissage.

Existent-ils encore des adolescents qui n'ont jamais touché à l'alcool, au tabac ou au cannabis ? Ils sont très rares selon un rapport d'experts , piloté par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Seuls 6,6 % des adolescents âgés de 17 ans n'ont expérimenté aucun de ces trois principaux produits estiment les auteurs. Pire encore, les adolescents français, surtout les plus fragiles, tombent de plus en plus facilement dans les pièges de l'addiction.

Ivresses répétées, initiation de plus en plus précoce au tabac… "En France, les niveaux de consommation de certaines substances psychoactives demeurent élevés chez les adolescents, en dépit des évolutions de la réglementation et des campagnes de prévention répétées. Par ailleurs, une modification des usages et des modes de consommation est constatée, comme l’alcoolisation ponctuelle importante qui tend à se développer dans cette population", explique cette expertise collective.

Un cerveau en pleine maturation

L'alcool est, de loin, la drogue préférée des jeunes : 58 % des élèves de 11 ans reconnaissaient en 2010 avoir déjà bu une boisson alcoolisée. Une proportion qui atteignait 91 % des garçons et filles à la fin de l'adolescence en 2011. Les chercheurs s'inquiètent particulièrement de l'augmentation du "binge drinking", soit la consommation d'au moins cinq verres en une seule occasion (définition officielle, le binge drinking est aussi associée à une importante consommation d'alcool en très peu de temps). "Les ados sont plus vulnérables car le cerveau poursuit sa maturation jusqu'à l'âge de 20 ans. L'alcool, à cet âge, tue plus de neurones que dans un cerveau adulte", explique le professeur Mickaël Naassila de l'Inserm.

À 10-11 ans, le risque de dépendance est multiplié par deux et celui d'accidents liés à l'alcool par cinq, précise les chercheurs. Car pour l'alcool comme pour toutes les autres substances psychoactives, la crainte est la même : plus elles sont consommées tôt, plus le risque d'addiction augmente. A ce niveau-là, le tabac fait office de bête noire. En 2011, plus de 2 jeunes sur 3 âgés de 17 ans l'ont expérimenté, ce qui en fait le premier produit psychoactif consommé quotidiennement à l’adolescence.

Dans leur conclusion, les chercheurs soulignent l'importance de mettre en place de stratégies "d'intervention" auprès des jeunes. Trois recommandations d'actions ont été dégagées : prévenir l’initiation ou en retarder l’âge, éviter les usages réguliers et les dommages sanitaires et sociaux et assurer une coordination nationale et régionale des acteurs territoriaux. Concrètement, il s'agit de sensibiliser le public à la vulnérabilité de l’adolescent et d’améliorer le repérage des usages à risque grâce à un meilleur développement des structures publiques.

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