Alerte à l'algue toxique : la pêche à pied interdite sur une partie du littoral Atlantique

La prolifération du dinophysis sur la côte Atlantique a conduit plusieurs préfectures à émettre des arrêtés d’interdiction de pêche et de vente
Santé

INTOXICATION - Plusieurs arrêtés préfectoraux interdisent la pêche et la vente des coquillages le long du littoral Atlantique. Une nouvelle quit tombe au plus mal en ce 1er week-end de réouverture des plages. La faute au Dinophysis, une algue toxique qui prolifère depuis plusieurs jours.

Son nom : Dinophysis. Cette algue marine microscopique qui provoque la toxicité des coquillages fait son grand retour tout le long de la façade Atlantique. Des arrêtés préfectoraux interdisent la pêche professionnelle et de loisir, ainsi que la vente de coquillages pour éviter les intoxications des consommateurs sur de nombreux secteurs côtiers : baie de la Vilaine dans le Morbihan, île d'Aix en Charente-Maritime, bassin d'Arcachon en Gironde, etc. Le préfet de Loire-Atlantique a étendu la zone d'interdiction d'Assérac à Saint-Michel-Chef-Chef. 

Afin de connaître les zones précises et les espèces concernées, vous pouvez consulter cette carte interactive publiée par le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation. Il est également nécessaire de consulter les sites des préfectures et l'affichage en mairie. 

Mais d'où provient le Dinophysis et comment expliquer cette prolifération qui tombe au plus mal en ce 1er week-end de retour sur les plages après 2 mois de confinement ? LCI a sollicité l'éclairage de Maud Lemoine, coordinatrice du REPHY (Réseau de Surveillance du Phytoplancton dans l'eau) et du REPHYTOX (Réseau de surveillance des toxines dans les coquillages) à l'Ifremer de Nantes. 

LCI : Que-ce que le Dinophysis ?  

Maud Lemoine : Il s'agit d'une micro-algue faisant partie de la famille du phytoplancton. Il mesure 100 micromètres maximum, soit le diamètre d'un cheveu. Il existe des milliers d'espèces de phytoplanctons et une vingtaine sont toxiques, dont le Dinophysis. Situé à la base de la chaîne alimentaire, les coquillages s'en nourrissent. Voilà pourquoi on en retrouve la trace dans les moules ou les huîtres par exemple. 

Comment expliquer sa prolifération aujourd'hui ?

C'est un phénomène totalement naturel. Cela arrive tous les ans au printemps car sa prolifération est favorisée par la hausse de la température de l'eau et de l'ensoleillement. L'année dernière, le Dinophysis est arrivé un peu plus tôt. 

En vidéo

Les huîtres de Cancale inscrites au patrimoine immatériel français

Pourquoi ne faut-il pas manger les coquillages qui contiennent des traces de Dinophysis ?

Si elle ne représente aucun danger pour la santé du coquillage, l’ingestion des toxines produites par dinophysis et accumulée dans les coquillages est toxique pour l'homme. Cette micro-algue provoquent des maux de ventre et une diarrhée. Des syndromes aiguës proches d'une gastro-entérite et qui apparaissent seulement quelques heures après avoir mangé un coquillage contaminé. Il faut donc être très prudent. 

Comment l'alerte a-t-elle été donnée ? 

L'Ifremer surveille de près la présence de cette toxine sur le littoral. Grâce à notre réseau de laboratoires côtiers, nous réalisons des prélèvements hebdomadaires d'eau pour mesurer la présence du Dinophysis. Des analyses sont également réalisées directement sur les coquillages. Si le seuil réglementaire est dépassé, nous lançons l'alerte aux services locaux de l'Etat et au préfet qui prend l'arrêté d'interdiction afin de protéger la population. A titre d'exemple, le niveau maximum toléré est de 160 microgrammes de toxines issues du dinophysis par kilo de chair de coquillage et nous en trouvons actuellement entre 200 et 2600 µg/kg selon les secteurs, à 600 microgrammes dans les huîtres du bassin d'Arcachon. 

Quand est-ce que la consommation sera de nouveau possible ? 

Malheureusement, cela est très difficile à prévoir car le cycle de vie et les déplacements du Dinophysis dépend de nombreux facteurs comme la météo, le vent ou encore la présence de nutriments dont il se nourrit lui-même. L'année dernière, les interdictions ont couru de mars à décembre, mais avec certaines parties du littoral ouvertes dès le mois de juin. Les conséquences pour l'activité conchylicole est importante, d'où l'importance de zoner les prélèvements pour que les arrêtés préfectoraux d'interdiction s'appliquent sur des zones précises. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent