Alerte contre ces "superbactéries" qui pourraient tuer des millions de personnes

Santé

MÉDICAMENTS - L’Organisation mondiale de la santé a publié lundi une liste de 12 familles de bactéries, dont celles de l’E. coli, contre lesquelles il faut très rapidement trouver de nouveaux antibiotiques. La résistance de ces bactéries aux traitements est déjà responsable de 700.000 décès par an.

Avaler toujours les mêmes antibiotiques n’est pas la panacée. L’Organisation mondiale de la santé a mis en garde lundi contre la capacité de résistance aux médicaments développée par les bactéries. L’OMS a ainsi publié la liste de 12 familles de germes contre lesquelles il est "urgent" de trouver de nouveaux traitements sous peine de lourdes menaces sur la santé humaine. Ce risque est jugé "critique" pour trois familles de bactéries : les Acinetobacter, les Pseudomonas, responsables toutes deux d’infections nosocomiales sévères, et les entérobactéries. Dans cette dernière catégorie, on retrouve l’Escherichia coli ou E. coli, qui se niche dans des produits d’animaux mal cuits ou consommés crus ainsi que dans des fruits et légumes frais. E. coli pouvant entraîner de graves intoxications alimentaires et potentiellement mortelles. 

L'OMS classe ensuite en "priorité élevée" six familles de bactéries. Parmi celles-ci : le staphylocoque doré, souche qui peut provoquer des infections cutanées, des septicémies et des pneumonies. Les salmonelles et l'Helicobacter pylori, responsable notamment des ulcères de l'estomac, sont également classés en "priorité élevée" tout comme la Neisseria gonorrhoeae. Le gonocoque est à l'origine de la gonorrhée, une infection sexuellement transmissible très répandue appelée également chaude pisse. Trois autres familles de bactéries sont ensuite placées en "priorité moyenne" : le pneumocoque, qui peut conduire à des pneumonies et des méningites, l'Haemophilus influenzae, responsable d'infections comme les otites, et les Shigella spp., cause d'infections intestinales telles que la dysenterie.

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Si on laisse faire le marché, les nouveaux antibiotiques dont nous avons le besoin le plus urgent ne seront pas mis au point à temps- Marie-Paule Kieny, sous-directrice générale de l'OMS

"La résistance aux antibiotiques augmente et nous épuisons rapidement nos options thérapeutiques. Si on laisse faire le marché, les nouveaux antibiotiques dont nous avons le besoin le plus urgent ne seront pas mis au point à temps", a déclaré Marie-Paule Kieny, sous-directrice générale à l'OMS. En 50 ans, "seules deux nouvelles classes d'antibiotiques sont apparues sur les marchés", car le retour sur investissement pour ce type de médicaments est insuffisant pour les laboratoires, avait déjà souligné la directrice générale de l'OMS, Margaret Chan.

Les bactéries résistantes aux antibiotiques pourraient tuer jusqu'à 10 millions de personnes par an d'ici 2050, soit autant que le cancer, selon un rapport publié en juin dernier par un groupe d'experts internationaux et présidé par le secrétaire d’Etat britannique au commerce Jim O’Neill. Le phénomène causerait déjà 700.000 décès par an. En France, on estime que la résistance antibiotique cause 12.500 décès par an, selon un rapport remis en 2015 au ministère de la Santé.

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