Plus de cent aliments épinglés par 60 millions de consommateurs

NUTRITION - 60 millions de consommateurs a publié jeudi 12 avril dernier un hors-série s'attaquant sans détour à l'industrie alimentaire. Ingrédients cachés, aliments trop riches, voire dangereux pour la santé, le magazine épingle une centaine de produits de grande consommation et donne ses conseils pour maîtriser au mieux son alimentation.

"Malgré les jolis discours des grandes marques et la signature de chartes de 'bonnes pratiques', nous n’en avons pas fini avec la malbouffe", assure 60 millions de consommateurs dans un hors-série d'une centaine de pages consacré à l’industrie alimentaire paru jeudi 12 avril dernier.


A coups d’exemples éloquents et de décorticage d’étiquettes, le magazine veut apprendre au consommateur à débusquer, marque par marque, sucres, sels, graisses, additifs, nitrites et pesticides cachés. Plus de 100 produits de grande consommation sont par ailleurs épinglés pour leur composition.

Sucres et sel, attention au dessous des étiquettes

L’ennemi public numéro un ? Le sucre. Quatre Français sur dix dépassent le seuil maximal de consommation fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Problème, rapporte le magazine, cette matière première serait souvent cachée sur les étiquettes par les industriels. A l’instar d'un célèbre chocolat en poudre, qui contient 76% de sucres mais n’en affiche que 9,5% dans les informations nutritionnelles communiquées sur son emballage. L'astuce ? Utiliser des dénominations telles que "fructose", "dextrose" ou "maltodextrine".


Le sel, lui aussi, fait des ravages. Avec 8 grammes de consommation quotidienne moyenne, les Français en consomment 60% de plus que ce que conseille l’OMS. Et comme le sucre, il n'est pas évident à repérer. 80% de ce sel provient en effet d’aliments transformés, rapporte 60 millions de consommateurs. Le pain, les sauces, sandwiches et autres pizzas font partie des aliments les plus chargés en sel.

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ENQUETE - Comment consommer moins de sucre ?

Des surprises dans les yaourts et les aliments "sans"

Les additifs, tels que les arômes, sont, eux, largement présents dans nos yaourts, alors que "la réglementation française (contrairement à celle de l'Union européenne) les interdit", précise le hors-série. Or, l'industrie laitière, très maline, biaise le décret en question, datant de 1988, en ajoutant des additifs aux fruits des yaourts et non aux yaourts eux-mêmes. "Le mélange de fruits sert en somme de cheval de Troie pour contourner la loi", un "subterfuge" qui "dénature un produit simple et bon pour la santé" regrette la revue.


Et gare aux aliments "sans", qui seraient, selon 60 millions de consommateurs, pires que les autres. Les industriels remplacent en effet l'ingrédient en question par d'autres qui ne sont pas plus recommandables. Ainsi, une marque de sauce soja a sorti une version à teneur en sel réduite. "Elle affiche 43% de sel en moins que la classique, mais il faut comparer les deux références pour constater que la référence moins salée a vu sa quantité de sucre bondir de 550% !" s'étonnent les auteurs du dossier.

L'industrie alimentaire piquée au vif

Le dossier, d'une centaine de pages, attaque l'industrie alimentaire sans concessions. Quelque peu anxiogène, il vise cependant à donner des armes et des clés aux consommateurs en rapprochant chaque produit d'une série d'études internationales. Ainsi, 60 millions frappe puis explique, analyse et conseille le consommateur sur le meilleur comportement à adopter. Le nouveau système d'étiquetage Nutriscore (basé sur les cinq lettres A, B, C, D, E, et un code couleurs) est décortiqué,  les différentes appellations du sucre et des édulcorants éclaircies, et une liste de 50 additifs "à proscrire", allant du E102 au E951, est établie. 


Mise en cause, l'Association Nationale des Industries Alimentaires (Ania), qui représente 17.000 entreprises françaises du secteur agroalimentaire, a regretté auprès de l'AFP un dossier qui ne fait selon elle "qu'alimenter les peurs". Il "mélange des études sérieuses avec d'autres qui le sont beaucoup moins", dans le but de "faire douter les consommateurs", alors que le secteur fait "beaucoup d'efforts" dans le sillage des États généraux de l'alimentation "pour tenir ses engagements afin de parvenir à une alimentation plus sûre, plus saine et plus durable", indique une porte-parole.

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