L’aluminium présent dans les vaccins est-il dangereux ?

L’aluminium présent dans les vaccins est-il dangereux ?

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ADJUVANT – Alors que l’association Autisme Vaccinations demande à la justice de se prononcer sur le lien entre un adjuvant et la maladie, le débat sur l’obligation vaccinale est relancé. Parmi les autres substances qui interrogent : l’aluminium, que l’on retrouve dans les vaccins mais aussi dans les déodorants ou dans les emballages.

Utilisés dans l’industrie cosmétique comme agroalimentaire, les sels d’aluminium sont omniprésents dans notre quotidien. Dans les déodorants, par exemple, certaines études scientifiques pointent du doigt leur toxicité pour la santé. Mais qu’en est-il pour les vaccins ? Eléments de réponses.

C’est un métal naturellement présent dans l’environnement, dans les sols et dans les eaux. On l’utilise aussi bien dans l’industrie agroalimentaire (conservateurs, colorants, additifs, emballages…), que dans l’industrie cosmétique (colorants capillaires, déodorants…), l’industrie pharmaceutique (adjuvants de vaccins, antiacides…), le traitement des eaux, ou encore dans le bâtiment et les transports.


L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) explique que, "chez l’homme, les principales voies d’exposition chronique à l’aluminium sont les voies orale (alimentation, eau, médicaments à prise orale), cutanée (cosmétique et anti-transpirants) et respiratoire (inhalation de poussières)".

Des effets toxiques ont été observés dans "des situations de fortes expositions chroniques", comme c’est le cas des patients insuffisants rénaux dialysés ou les personnes professionnellement exposées. Ses effets portent essentiellement sur le système nerveux central (encéphalopathies, troubles psychomoteurs) et sur le tissu osseux. Une étude publiée en 2016 a également montré un lien entre l’exposition par voie cutanée, l'application de déodorant, et le risque de cancer du sein. Mais ces résultats, qui n’ont pas été obtenus sur l’homme, doivent être confirmés.


Cependant, "à l’heure actuelle, aucune étude n’a mis en évidence de tels effets dans la population générale, exposée à travers l’alimentation courante ou les produits de santé", relève l’Anses.

L’aluminium est un adjuvant utilisé dans les vaccins qui permet de stimuler la production des anticorps et donc une réponse immunitaire. C’est le plus utilisé aujourd’hui car il est considéré très efficace par la classe scientifique, comme le souligne Annick Guimezanes, immunologiste et chercheuse à l’Inserm. Il est pourtant dans la ligne de mire d’associations qui réclament des vaccins sans aluminium. Comme l’explique le Pr Romain Gherardi dans son livre Toxic Story (éd. Actes Sud), l’adjuvant serait responsable de maladies graves comme la myofasciite à macrophages, une maladie neurologique. 

Une affirmation démentie par le Haut Conseil de la santé publique qui estime que "les données scientifiques disponibles à ce jour ne permettent pas de remettre en cause la sécurité des vaccins contenant de l’aluminium". Dans une vidéo publiée sur Facebook et partagée plus de 600.000 fois, Baptiste Beaulieu, un médecin généraliste, a décidé de répondre aux questions les plus fréquentes sur les vaccins, dont celles sur l'aluminium. 


"Dire que l'aluminium est un bon adjuvant, que sans lui la réaction immunitaire et donc immunisante se fait beaucoup moins bien, ça ne suffit pas à rassurer les gens, explique-t-il. Mais si je vous disais que les quantités d'aluminium apportées par les vaccins sont faibles (jamais plus de 0,85 mg) par rapport aux apports quotidiens d'aluminium dans l'organisme. Nous en mettons 3 à 5 mg dans notre corps chaque jour en mangeant et en buvant. 90 ans d'études scientifiques ont montré l'innocuité totale de ce métal sur l'organisme."

Cependant, notons que le Haut Conseil de sécurité encourage "la poursuite des recherches visant à évaluer la sécurité des adjuvants disponibles et en développement". Et c'est justement ce que souhaitent les opposants aux vaccins avec aluminium. 

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