Alzheimer chez les moins de 65 ans : quelles sont les spécificités de la maladie ?

Alzheimer chez les moins de 65 ans : quelles sont les spécificités de la maladie ?

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L’âge a beau être un facteur de risque, la maladie d’Alzheimer peut se déclarer chez des jeunes seniors. Le point sur ce qu’il faut savoir.

La maladie d’Alzheimer est souvent apparentée à un âge avancé. Mais sur les 900.000 Français touchés, près de 32.000 ont reçu leur diagnostic avant de souffler leur 65e bougie estime l’INSERM. Parmi eux, 15.000 avaient même moins de 60 ans, preuve que la maladie n’est pas qu’une question d’âge même si elle explose chez les plus de 80 ans. Quelles sont les spécificités de la maladie lorsqu’elle se déclare si jeune ? Voici ce qu’il faut savoir.

Les causes de la maladie

Comme dans toute maladie chronique, il existe une « susceptibilité individuelle », qui crée un terrain plus ou moins favorable à l’apparition de la maladie en fonction du vieillissement et des autres facteurs de risque environnementaux. « Le risque de développer la maladie est en moyenne multiplié par 1,5 si un parent du premier degré est touché. Il est multiplié par 2 si au moins deux le sont », explique l’INSERM. Et bien souvent, les formes héréditaires de la maladie se manifestent avant 60 ans. Mais cette forme ne représente que moins d’1 % des cas. Les facteurs de risque environnementaux et d’hygiène de vie ne sont donc pas à négliger.

Un diagnostic souvent tardif

À moins de 65 ans, l’apparition de troubles du comportement (agressivité, agitation) et de troubles de l’humeur, qui font partie des premiers signes, n’évoquent pas forcément la maladie d’Alzheimer. Du coup, cinq ans s’écoulent en moyenne avant le diagnostic de la maladie. Le patient peut aussi rencontrer des difficultés à mémoriser des évènements récents, à trouver ses mots, à utiliser certains objets ou à gérer plusieurs tâches en même temps.


Lorsque le diagnostic est finalement posé, les jeunes seniors se retrouvent souvent plongés dans un grand désarroi, selon une étude de l’Inpes relayée par la Fondation pour la recherche sur Alzheimer. L’injustice et l’incompréhension dominent et les patients ont une « image dégradée » d’eux-mêmes, ils culpabilisent vis-à-vis de leur entourage, refusent de se projeter vers l’avenir et ont parfois des idées suicidaires. Dans 90 %, les patients sortent même du monde de travail de façon précoce et renoncent à des activités qu’ils auraient pu garder. 

Quelle prise en charge ?

« Il est important de mettre en avant les capacités préservées du malade et les solutions existantes (médicamenteuses ou pas, aides sociales, etc.) », souligne le psychiatre et gérontologue Olivier de Ladoucette. Le médecin, qui est aussi président de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer rappelle qu’outre « les traitements symptomatiques qui existent déjà, le Centre National de Référence des Malades Alzheimer Jeunes peut proposer de participer à des programmes de recherche ». L’assurance, selon lui, de bénéficier d’un meilleur suivi, de se sentir à nouveau utile et peut-être de bénéficier d’un traitement novateur avant sa mise sur le marché. Face à un changement de comportement ou l’apparition de nouvelles difficultés pour réaliser les tâches du quotidien, mieux vaut consulter.


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