Alzheimer : les médicaments ne sont plus remboursés par l'Etat

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DÉREMBOURSEMENT - Jugés inefficaces voire nocifs, les médicaments "anti-Alzheimer" ne sont plus remboursés par l'Etat à partir de ce mercredi. Une mesure qui fait grincer les dents des associations, qui craignent des conséquences néfastes pour les malades les plus défavorisés. On fait le point.

Aricept, Exiba, Exelon, Reminyl... Ces noms ne vous disent rien ? Destinés à traiter la maladie de l'Alzheimer, ces 4 médicaments et leurs génériques ne sont plus remboursés par l'Etat à partir de ce mercredi 1er août. La raison : "un intérêt médical insuffisant pour justifier leur prise en charge", et des effets "indésirables potentiellement graves", pointait la Haute autorité de Santé (HAS) dans un rapport de 2016.


"C'est pour que les gens ne les utilisent plus" qu'Agnès Buzyn a mit en oeuvre un arrêté pour dérembourser les médicaments "anti-Alzheimer". Une mesure prise par la ministres de la Santé appuyée par le rapport de l'HAS. 

Une économie de 90 millions d'euros par an pour l'Etat

Désormais, les malades de l'Alzheimer devront financer à hauteur de 30 euros par mois leur traitement médical. Avec près de 850 000 personnes atteintes par la maladie de l'Alzheimer en France, selon l'association France Alzheimer, l'Etat devrait économiser 90 millions d'euros par an en déremboursant les médicaments. 


Une somme qui sera consacrée aux "équipes qui prennent en charge la maladie d’Alzheimer", assure la ministre, en affirmant que ce transfert vers des "compétences humaines", est la meilleure chance de progresser sur cette maladie qui touche de plus en plus de Français. 

Risque de rupture de suivi médical pour les patients les plus défavorisés

Pourtant, "ce n'est pas parce que les médicaments sont payants que les familles vont arrêter d'en acheter", prévoit Benoit Durand, directeur général de France Alzheimer. "Sauf pour celles qui ne peuvent pas se permettre un tel budget", ajoute le représentant de l'association, en précisant que le coût moyen au mois des soins pour un malade de l'Alzheimer revient "environ à 1200 euros, avec les aides de l'Etat". Les personnes les plus défavorisées touchent une aide personnalisée à l’autonomie (APA).


Car en marge du traitement médical, de nombreux malades suivent des "thérapies non-médicamenteuses, qui vont de l'orthophonie à l’art-thérapie". Et même si ces soins ont montré leurs bienfaits (apaisement du malade, meilleure communication...), "aucune étude ne démontre leur efficacité totale", continue Benoit Durand. "Le problème c'est qu'il n'y a pas d'alternative médicale,  et on craint que certains patients rompent leur suivi médical". 

Le Conseil d'Etat saisi

France Alzheimer et plusieurs organisations professionnelles ont saisi, vendredi 27 juillet le Conseil d'Etat afin de faire annuler l'arrêté du 29 mai dernier instaurant le déremboursement. Les requérants pointent notamment du doigt le rapport de l'HAS, qu'ils qualifient "d'évaluation à charge". Ils estiment que les expert sollicités pour ce travail manquent "d'indépendance et d'impartialité", faisant preuve de "négationnisme" envers la maladie de l'Alzheimer. 

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