Coronavirus : qu'est-ce que l'anakinra, nouvel espoir de traitement ?

Coronavirus : qu'est-ce que l'anakinra, nouvel espoir de traitement ?
Santé

RECHERCHE MÉDICALE - Depuis le début de la crise sanitaire, les scientifiques du monde entier cherchent un traitement afin de limiter les conséquences du Covid-19. Cette fois, c'est l'anakinra, un médicament destiné à soigner les maladies rhumatismales, qui suscite l'espoir.

La chloroquine, la nicotine, le remdesivir, l'avigan, le tocilizumab, la chlorpromazine... Depuis plusieurs semaines, tous les scientifiques de la planète travaillent d'arrache pied afin de trouver le fameux traitement capable de limiter les cas graves du coronavirus. Cette fois, une étude française montre que l'anakinra pourrait bien être efficace contre les formes sévères de la maladie.

Ce médicament, déjà connu des médecins, est habituellement destiné à soigner les maladies rhumatismales. Mais une étude réalisée par des chercheurs parisiens a mis en lumière les résultats encourageants de ce traitement contre le Covid-19. "Notre étude a montré que" l'anakinra permet une "économie non seulement en termes de décès, mais aussi en termes de passages en réanimation de façon extrêmement significative", explique sur LCI le Dr Gilles Hayem, chef de service rhumatologie à l'hôpital Saint-Joseph (Paris).

Cette étude française vient confirmer les données déjà récoltées par des chercheurs de l'autre côté des Alpes. "Deux semaines auparavant, le même type d'étude émanant d'une équipe italienne a fourni les mêmes résultats", indique le Dr Gilles Hayem (voir vidéo en tête de cet article).

Lire aussi

Plus de 120 patients traités, des résultats encourageants

L'anakinra agit contre l'orage cytokinique, le phénomène qui entraîne la détresse respiratoire aiguë, et qui nécessite souvent une entrée en réanimation. Au sein de l'étude française, un quart des patients traités avec l'anakinra ont été transférés en réanimation ou sont décédés, contre près de 73% de ceux n'ayant pas eu cette biothérapie. Le groupe de comparaison était formé de 44 patients qui avaient été auparavant pris en charge dans la même institution. Dans le groupe recevant de l’anakinra, une diminution rapide des besoins en oxygène a été également observée au bout de sept jours de traitement. 

"L'intérêt de cette molécule, c'est à la fois l'expérience accumulée pour d'autres maladies qui permettait d'en imaginer une excellente tolérance, y compris dans le Covid-19, et puis d'autre part, le recul dont nous disposons avec l'étude italienne et avec les autres patients que nous avons continué à traiter", explique le Dr Gilles Hayem. Au total, "plus de 120 patients" ont déjà été traités en France à l'aide de cette molécule.

Toute l'info sur

Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Si les essais doivent encore se poursuivre, et si les résultats se confirment, l'anakinra serait la piste la plus sérieuse pour lutter contre les cas graves de Covid-19.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent