Antibiorésistance : les volailles ne sont pas épargnées

Antibiorésistance : les volailles ne sont pas épargnées

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ALIMENTATION - Encore trop de volailles présentent des bactéries résistantes à un ou plusieurs antibiotiques, révèle lundi l'association de consommateurs UFC-Que Choisir. Un phénomène qui pourrait s'avérer dangereux pour l'homme.

"Les antibiotiques ce n’est pas automatique". Derrière ce message de prévention se cache un but bien précis : éviter la résistance des bactéries aux antibiotiques, en raison d'une trop grande consommation en médecine humaine. Mais peut-être faut-il davantage s'inquiéter de ce phénomène chez les volailles, comme le révèle UFC-Que choisir . Après des tests réalisés sur des viandes de volailles vendues dans le commerce, l'association presse le gouvernement de renforcer la réglementation.

L'UFC a analysé 100 échantillons de poulet et dinde achetés en supermarchés, sur les marchés ou en boucherie. Il en ressort que 26 échantillons sont contaminés aux bactéries. Parmi eux, 61 % sont porteurs de bactéries résistantes à une ou plusieurs familles d'antibiotiques. Et quelque 23 % sont même résistants à des antibiotiques critiques, "c’est-à-dire les plus cruciaux utilisés en médecine humaine en dernier recours pour des pathologies graves", précise l'association.

Une mesure pas assez contraignante ?

Les résultats montrent que certaines volailles sont plus impactées que d'autres, selon leur mode d'élevage. Ainsi, les volailles standards semblent plus impactées que les volailles biologiques. Logique, puisque l'élevage bio encadre et limite strictement le recours aux antibiotiques. "Ces résultats suscitent l’inquiétude dès lors que les manipulations inévitables de ces viandes avant cuisson contribuent à diffuser ces bactéries, sources de pathologies humaines graves", ajoute l'association.

Depuis 2012, le gouvernement a mis en place le plan Ecoantibio sur cinq ans. Ce dernier a pour but de réduire de 25 % l'utilisation des antibiotiques dans les élevages. "La méfiance est d’autant plus grande en raison du conflit d’intérêts des vétérinaires qui, tout à la fois, prescrivent des antibiotiques et, pour bon nombre, les vendent… Voilà qui n’incite pas à la modération", ajoute l'association qui souhaite que leurs ventes soient réservées aux seuls pharmaciens pour un découplage strict.

Selon le ministère de l’Agriculture, la France a réduit de 40 % en cinq ans l'usage des antibiotiques dans les élevages. Ce qui place l'Hexagone au 10e rang européen, loin derrière l'Espagne et l'Italie, plus grand utilisateurs du continent. A l'échelle européenne, UFC-Que Choisir demande à la Commission de proposer sans délai un texte européen ambitieux pour traiter de ce problème majeur de santé publique.

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