Antibiotiques préscrits pour "guérir" l'autisme : enquête ouverte pour "mise en danger d'autrui"

Antibiotiques préscrits pour "guérir" l'autisme : enquête ouverte pour "mise en danger d'autrui"

SANTÉ - Une enquête a été ouverte à Paris après que le parquet a été saisi cet été par l'Agence du médicament (ANSM) du cas de médecins prescrivant à des enfants autistes des antibiotiques.

Des prescriptions qui interrogent. Le parquet de Paris a ouvert une enquête après avoir été saisi cet été par l'Agence du médicament (ANSM) du cas de médecins prescrivant à des enfants autistes des antibiotiques ou des substances censées éliminer les métaux lourds. 

Le pôle santé publique du parquet a ouvert cette enquête le vendredi 11 septembre pour "mise en danger de la personne d'autrui" et "infractions tenant à la réalisation de recherches impliquant la personne humaine". Les investigations ont été confiées à l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp).

5 000 enfants "traités" depuis 2012

Mardi, l'ANSM avait annoncé avoir saisi cet été le procureur de Paris de ces pratiques de prescriptions dangereuses. L'agence en avait elle-même été informée fin 2019 via sa procédure de lancement d'alerte par la présidente de l'association SOS Autisme, Olivia Cattan, et a, depuis, notamment recueilli des témoignages de parents et des ordonnances faisant état de ces prescriptions. 

L'ANSM "déconseille formellement ces utilisations pour lesquelles ces médicaments n'ont fait aucune preuve de leur efficacité et qui exposent ces enfants à des risques, en particulier lors d'une utilisation prolongée", a précisé mardi l'Agence dans un communiqué.

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Les pratiques incriminées concernent la prescription "sur de longues durées (plusieurs mois)" de "médicaments anti-infectieux" (antibiotiques, antifongiques, antiparasitaires, antiviraux) et de "chélateurs de métaux lourds", des substances censées éliminer les métaux lourds de l'organisme, dont l'utilisation n'est recommandée qu'en cas d'intoxication avérée, a détaillé l'Agence du médicament.

Selon Olivia Cattan, présidente de l'association SOS autisme France sollicitée par l'AFP, une cinquantaine de médecins seraient concernés, dans la mouvance de l'association Chronimed, fondée par le controversé Pr Luc Montagnier, et auraient "traité" quelque 5000 enfants depuis 2012.

Cette année-là, Luc Montagnier, prix Nobel de médecine pour avoir participé à la découverte du virus du sida, défendait l'idée d'une "piste infectieuse" pour expliquer l'autisme. Il affirmait, vidéos à l'appui, que les antibiotiques pouvaient améliorer l'état de la majorité des enfants concernés, provoquant une prise de distance immédiate de l'Académie nationale de médecine, qui hébergeait sa conférence.

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