Anxiolytiques : quels sont les risques d'une surconsommation ?

Anxiolytiques : quels sont les risques d'une surconsommation ?

Santé
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SANTE – Un rapport de l'Agence du médicament alerte sur la surconsommation de benzodiazépines en France et sur les dangers potentiels pour la santé. Une nouvelle campagne de prévention devrait être mise en place en 2014. Explications.

La France reste la championne d'Europe en matière de consommation de médicaments. Et une nouvelle fois, l'Agence du médicament (ANSM) alerte sur ces excès , notamment sur une surconsommation de benzodiazépines, qu'ils soient anxiolytiques ou hypnotiques (somnifères). Selon un rapport annuel publié sur son site la semaine dernière, les chiffres montrent qu'une forte hausse s'est engagée depuis 2010 : en 2012, 131 millions de boîtes d'anxiolytiques ou d'hypnotiques ont été vendues, ce qui représente 4 % de la consommation totale de médicaments sur l'année. Par ailleurs, près de 20 % des Français ont absorbé au moins une fois une benzodiazépine en 2012.

Et ce malgré plusieurs campagnes de prévention, sans compter des mesures particulières prises pour trois benzodiazépines en 2013, sur les 22 vendues : deux ont été retirées du marché (le flunitrazépam pour des raisons commerciales et le tétrazépam pour un bénéfice/risque négatif) et une, le clonazépam s'est vu appliquer des conditions d'accès restreintes. Ainsi, l'ANSM annonce que de nouvelles mesures devraient être prises pour mieux contrôler leur accès et éviter leur banalisation.

Pourquoi prend-on des benzodiazépines ?

Les benzodiazépines sont prescrites dans le cadre d'un état d'anxiété (anxiolytiques), d'insomnies (hypnotiques), contre les douleurs musculaires (myorelaxants) ou contre les crises convulsives (antiépileptiques). Elles peuvent également être prescrites dans le cadre d'un sevrage alcoolique. Leur action cible les neurotransmetteurs GABA , principaux neurotransmetteurs inhibiteurs du cerveau, en augmentant leurs effets.

En découle une diminution de l’hyperactivité cérébrale associée à l’anxiété. Dans 90 % des cas, les médecins généralistes prescrivent les benzodiazépines. Or, l'ANSM dénonce cette dérive généralisée et veut une grande concertation en 2014 avec tous les acteurs sanitaires pour mieux réguler les prescriptions. En 2012, 22,2 % des utilisateurs consomment deux benzodiazépines, simultanément ou non, et 0,7 % en consomment trois, selon les statistiques de l'Agence du médicament.

Combien de temps sous traitement ?

Tout dépend de la pathologie pour laquelle on est traité, mais les spécialistes recommandent de ne pas en prendre sur une durée trop longue, la prescription pouvant varier de 4 à 12 semaines dans certains cas. Au-delà, il peut y avoir de forts risques d'accoutumance et de dépendance. Par ailleurs, ils sont censés être prescrit en complément d'un traitement thérapeutique non médicamenteux.

L'ANSM note ainsi que "les temps d’exposition aux benzodiazépines sont parfois très supérieurs aux recommandations de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) avec une utilisation annuelle de 4 à 5 mois pour les molécules hypnotiques et anxiolytiques. A noter qu’une proportion importante de patients les utilise en continu sur plusieurs années", avec un fort risque de dépendance et d'effets néfastes sur la santé.

Quels risques pour la santé ?

Lorsqu'ils sont consommés de manière prolongée, les benzodiazépines peuvent avoir des effets indésirables voire dangereux pour la santé. Entre autres effets secondaires, on peut noter des troubles de la mémoire et de la concentration, de la somnolence, ou encore une dépendance psychique et physique. Trouble du comportement, irritabilité et agressivité sont d'autres symptômes qui peuvent apparaître si la prise n'est pas adaptée ou mal contrôlée.

Chez les personnes âgées, la consommation de benzodiazépines peut aussi entraîner l'apparition de démence, favoriser les chutes et perturber la mémoire. Par ailleurs, plusieurs études ont récemment mis en lumière le lien possible entre la prise de benzodiazépines et l'apparition de la maladie d'Alzheimer, même si pour l'heure, rien n'a été prouvé .

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