La baisse du tabagisme stoppée net en 2020

La baisse du tabagisme stoppée net en 2020

ADDICTIONS - La baisse du tabagisme constatée depuis 2014 du tabagisme s'est stoppée net en 2020, où un quart des Français interrogés déclaraient fumer quotidiennement, rapporte Santé Publique France. On attribue 75.000 décès par an au tabac, selon une étude de 2019.

La pandémie a-t-elle renforcé les comportements addictifs des Français ? C'est ce que laisse entendre Santé Publique France (SPF), dans un baromètre publié ce mercredi 26 mai et évaluant"la prévalence du tabagisme en 2020". Si la consommation de tabac a baissé de manière continue depuis 2014, et notamment grâce à "la mise en place de plans nationaux de lutte contre le tabagisme", il en est tout autre en 2020. Cette diminution constatée s'est stoppée net l'an dernier et cette tendance s'est même inversée dans les foyers les plus pauvres. Cela marque donc un coup d'arrêt après plusieurs années qui ont vu la proportion de fumeurs reculer de 34,5% à 30,4% entre 2016 et 2019 et celle des fumeurs quotidiens passer de 29,4% à 24%. 75.000 décès sont attribuables au tabac chaque année en métropole, selon une étude publiée en 2019, soit plus d'un décès sur huit.

Des inégalités sociales toujours visibles

Interrogeant près de 15.000 personnes, représentant un échantillon de la population, SPF indique que parmi les adultes de 18 à 75 ans, plus de trois personnes sur dix déclaraient fumer (31,8%) et un quart déclaraient fumer quotidiennement (25,5%). "Cependant, entre 2019 et 2020, la prévalence du tabagisme quotidien a augmenté de 29,8% à 33,3% parmi le tiers de la population dont les revenus étaient les moins élevés", constate l'organisme de santé. Les inégalités sociales se sont creusées puisqu'en comparaison, seuls 18% se déclarent fumeurs quotidiens dans le tiers de la population aux revenus les plus élevés.

Selon SPF, le premier confinement du printemps 2020 "a provoqué un bouleversement des modes de vie, avec des répercussions psychologiques, économiques, sanitaires et sociales et un impact sur la santé mentale et les comportements de santé". En chiffres, 55% des fumeurs interrogés par CoviPrev à la fin mars n’avaient pas modifié leur consommation, tandis que 27% l'avaient augmentée et 19% l’avaient diminuée. Mais en réalité, la crise sanitaire et ses restrictions économiques et sociales "ne semblent pas avoir eu d'impact défavorable", puisque c'est entre janvier et mars que la "hausse" est observée, suivie d'une "stabilisation" après le premier confinement.

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SPF ne s'avance pas davantage sur les raisons de cette évolution mais observe qu'elle "s'inscrit dans un contexte de crise sociale en France qui a démarré fin 2018, avec le 'mouvement des Gilets jaunes'", qui "a fortement concerné les populations de plus faible niveau socio-économique". Et encore une fois, que "cette crise a fortement concerné les populations de plus faible niveau socio-économique". 

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