Arthrose : le traitement par injection bientôt déremboursé ?

Arthrose : le traitement par injection bientôt déremboursé ?

MÉDICAMENT- Une nouvelle étape dans le déremboursement des injections de "visco-supplémentation" a été franchie. L’association de lutte antirhumatismale (AFLAR) tire la sonnette d’alarme face à la menace de disparition de ce traitement de l’arthrose.

L’association de lutte antirhumatismale (AFLAR) redoute une médecine à deux vitesses. Le seul traitement alternatif à la pose d’une prothèse pour l'arthrose du genou, outre les anti-inflammatoires, pourrait bientôt ne plus être remboursé. C’est en tout cas ce qu’ont annoncé la Direction de la Sécurité Sociale (DSS) et la Direction générale de la Santé (DGS) dans une lettre d’intention destinée aux fabricants des injections de "visco-supplémentation" en juillet dernier. Les laboratoires n’ont disposé que de 30 jours pour y répondre.

"Cette nouvelle étape de franchie nous inquiète car un déremboursement limiterait les alternatives pour les patients souffrant d’arthrose", confie à LCI le Dr Laurent Grange, Président de l’AFLAR et rhumatologue au CHU de Grenoble. Avec 10 millions de Français concernés, les moyens de soulager les patients sont pourtant bien nécessaires.  

Une action jugée insuffisante

Mais voilà, aucun traitement n’est efficace pour soigner la destruction du cartilage articulaire. Et c’est bien ce manque d’efficacité que les autorités sanitaires reprochent à la visco-supplémentation. Normalement prescrites après l’échec des anti-inflammatoires et du paracétamol, les injections d’acide hyaluronique dans le genou ont une action jugée "insuffisante".

Une décision contestée par l’AFLAR. "Ce traitement, qui permet de lubrifier et d’améliorer la mobilité du genou, soulage 70% des patients", affirme le Dr Laurent Grange. Le rhumatologue souhaite que son déremboursement soit maintenu au moins jusqu’à la découverte d’un nouveau traitement plus efficace. Le président de l’association demande ainsi une réévaluation de l’injection à l’échelle médico-économique et qui prenne en compte les dernières données disponibles, parues après l’avis de la Haute Autorité de Santé (HAS). 

Le déremboursement a un prix

L’association redoute que les patients ne soient obligés de se tourner vers des médicaments plus onéreux ou pire, renoncent à se soigner. L’injection coûte tout de même une centaine d’euros par genou. Dans la plupart des cas, elle doit être renouvelée tous les ans. 

Autre crainte de l’AFLAR : "La pose d’une prothèse n’est pas toujours efficace à 100% puisque certains patients ont toujours mal, explique le rhumatologue. Et pourtant, cette méthode est bien plus chère." Une enquête espagnole citée par l'association  révèle ainsi que la visco-supplémentation coûte 48 millions d’euros par an pour 400.000 personnes traitées et évite la pose de 190.000 prothèses. "On pose deux fois moins de prothèses en France que dans le reste de l’Europe", affirme le président de l’AFRAP. 

Une tendance qui devrait être revue à la baisse si la visco-supplémentation cesse d’être prise en charge. Le déremboursement de ce traitement serait un nouveau coup dur pour les patients, un an après la fin des remboursements des médicaments anti-arthrosiques d’action lente comme le glucosamine et la chondroïtine. L’AFLAR, qui défend leurs intérêts, les invite à se mobiliser en signant une pétition qui s’oppose au déremboursement de l’arthrose. Pour l’instant, elle a recueillie plus de 163.000 signatures. 

VIDEO - Arthrose : l’approche non médicamenteuse pour rendre la maladie plus supportable 

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Arthrose : l’approche non médicamenteuse pour rendre la maladie plus supportable

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