Asthme et autres allergies respiratoires : pourquoi sont-elles en hausse ?

Asthme et autres allergies respiratoires : pourquoi sont-elles en hausse ?

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SANTE - Fort de leur augmentation considérable en 40 ans, les allergies respiratoires concernent un quart des Français aujourd'hui. Un phénomène directement lié à un changement de nos modes de vie.

Un nez qui coule, une toux ou des difficultés respiratoires, des éternuements réguliers, des picotements aux yeux… voilà des symptômes bien connus des différentes formes de l’allergie respiratoire comme l’asthme allergique et la rhinite allergique. Des symptômes qui touchent de plus en plus de Français si l'on en croit l'Association Asthme & Allergies . Car si près de 4 % de la population était concernée par ce type d'allergies en 1968, ce chiffre est en hausse constante pour atteindre entre 20 % et 30 % actuellement.

"Aujourd'hui, au moins un Français sur quatre est touché par une allergie respiratoire . Par exemple dans 80 % des cas d'asthme, il s'agit d'une allergie", explique à metronews le Dr Michel Melac, expert auprès du laboratoire Stallergenes spécialisé dans le traitement des maladies respiratoires. Un phénomène qui ne touche pas uniquement la France, puisque l'Organisation mondiale de la santé classe les allergies au 4e rang des maladies chroniques dans le monde. D'après ses prévisions, en 2050, c'est une personne sur deux qui sera allergique.

Quand l'environnement égale la génétique

La plus courante, la rhinite, surnommée le rhume des foins, est une inflammation des voies aériennes qui peut atteindre différents niveaux de sévérité. La seconde, l'asthme allergique, à ne pas confondre avec l'asthme chronique, se caractérise par une inflammation des bronches causée par l’inhalation de certains allergènes. Les allergologues sont unanimes : si ces pathologies ont une base génétique, c'est la pollution extérieure (particules fines, diesel) la pollution intérieure (microbes, moisissures) et le tabac qui favorise le plus leur apparition.

"Si nos gènes n’ont pas changé en l’espace d’une génération, il est possible de les modifier par notre environnement comme l’augmentation des températures, surtout à l’intérieur des maisons, la migration, le développement des médicaments et l'amélioration de l’hygiène", explique l'Inserm*. Mais au-delà de l'environnement, c'est tout une modification du mode de vie qui est pointé du doigt. "Certes, le réchauffement climatique est lié à des saisons polliniques plus longues mais c'est l'urbanisation qui entraîne des causes multifactorielles", ajoute le Dr Michel Melac.

Plus d'acariens et de pollens

Ainsi, les allergènes principalement mis en cause (acariens et blattes, moisissures, pollens, poils d'animaux) sont devenus omniprésents. Ils peuvent être quotidiennement à nos côtés dans notre lieu de vie, au travail ou au grand air. "En France, le trio de tête des allergènes responsables des allergies respiratoires est constitué des acariens, qui provoquent des symptômes toute l’année, des pollens de graminées (de 50 à 75 % des patients) et des pollens de bouleau (de 24 à 40 % des patients)", explique à ce sujet l'association Asthme & Allergies.

Fatigue, exercices physiques difficiles, baisse de la concentration, troubles du sommeil… fatalement, ces allergies respiratoires influent sur le quotidien des personnes atteintes. Que reste-t-il à faire pour endiguer le phénomène et éviter une nouvelle hausse dans 40 ans ? "Il faut se prendre en charge le plus tôt possible. Sauf que ce n'est pas gagné : 45 % des personnes qui en souffrent ne sont pas diagnostiquées correctement", conclut le Dr Melac. Le défi réside également dans le dépistage et le traitement d'autres allergies fréquentes, liées à l'alimentation et aux médicaments.

* Institut national de la santé et de la recherche médicale

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