Atteint d'une maladie incurable, Alain Cocq veut se laisser mourir et filmera sa fin de vie

Fin de vie : le témoignage d'Alain Cocq, atteint d'une maladie incurable, qui veut se laisser mourir
Santé

TÉMOIGNAGE - À 57 ans, Alain Cocq est atteint d'une maladie incurable qui le fait souffrir atrocement. Il souhaite qu'Emmanuel Macron autorise un médecin à l'aider à mourir et menace d'arrêter de s'alimenter à partir du 4 septembre, devant les caméras. Il témoigne sur LCI.

Depuis sa chambre, immobilisé sur son lit, il en appelle à Emmanuel Macron. Alain Cocq, 57 ans, est atteint d'une maladie incurable qui l'empêche de vivre sans douleurs. Face à ces souffrances, qu'il compare à "de la torture", il demande au président de la République de l'autoriser à ce qu'un médecin l'aide à mourir, faute de loi en France le permettant.

Alain Cocq a laissé jusqu'au 4 septembre à l'Elysée pour lui répondre et lui accorder une autorisation. Au-delà de cette date, il a pris la décision d'arrêter de se nourrir et de se soigner. Et de partager, en image, sa fin de vie en la diffusant en direct sur internet. "Le 4 septembre au soir, j'arrêterai toute hydratation, toute alimentation" et "tous les soins", annonce-t-il sur LCI. "À compter du 5 au matin, ce sera diffusé sur internet", et ce "jusqu'au moment où je m'endormirai."

"Ne pas pouvoir lire, bouger... Excusez-moi, mais ce n'est pas une vie"

Interrogé par Christophe Beaugrand, Alain Cocq estime qu'il est forcé à vivre une vie dont il ne veut plus. "Ne pas pouvoir lire, bouger... Excusez-moi, mais ce n'est pas une vie", déplore-il. "C'est de la torture et de l'acte de barbarie. Si on me faisait subir cela en temps de guerre, cela relèverait du tribunal pénal international pour crime contre l'humanité." Il estime que même si ses souffrances étaient soulagées, "me retrouver dans un lit à regarder le plafond, ce n'est pas mon truc", explique-t-il. "Ma vie, cela a été de la liberté, du combat, de l'engagement, de l'action."

Lire aussi

Un combat qu'il mène désormais pour "partir en paix". "Je vais partir la fleur au fusil, c'est-à-dire sans violence, excepté les images qui pourront être, par moment, dures", assure Alain Cocq, mais également "le fusil à l'épaule, c'est-à-dire au combat, pour que le Français ait le droit ultime de sa vie."

Un "choix de société" qui doit se trancher "dans le cadre d'une présidentielle"

Interrogée sur LCI, son avocate, Sophie Medjeber, assure que la réglementation française ne permet pas à l'homme de 57 ans de partir comme il le souhaite. Selon la loi, "ces malades" comme Alain Cocq "ne sont pas en fin de vie", explique l'avocate. Mais "quand vous êtes enfermé dans un corps, vous pouvez avoir un esprit sain et un corps défaillant", estime-t-elle. "Aujourd'hui, je m'en réfère aux Droits de l'Homme : on a le droit d'arrêter un traitement, mais pas de mourir. C'est aberrant."

 Invité du Grand Jury LCI - Le Figaro - RTL ce dimanche, le porte-parole du gouvernement a été interrogé sur le cas d'Alain Cocq."C'est un sujet difficile, qui revient régulièrement au devant de l'actualité", a indiqué Gabriel Attal. "Une loi a été votée en 2016 et permet une sédation profonde et continue jusqu'au décès, et nous continuons de développer les soins palliatifs en France." Mais selon lui, "le débat" sur la fin de vie ne "peut se trancher" que "dans le cadre d'une élection présidentielle", car il s'agit d'un "choix de société".

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent