Attention au moustique tigre, 42 départements en vigilance rouge : comment le reconnaître et s’en protéger ?

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VIGILANCE – Il ne cesse de gagner du terrain dans l'Hexagone. Le moustique tigre, vecteur notamment du chikungunya, de la dengue et du virus zika, est désormais présent dans 42 départements français. Comment le reconnaître et s’en protéger ?

Spectaculaire. 42 départements désormais concernés, neuf nouveaux placés en vigilance rouge : le moustique tigre poursuit sa progression en France à une vitesse folle : + 30% par rapport à 2017, deux fois plus qu’il y a deux ans. Une colonisation de plus en plus rapide, qu'il convient de surveiller, car le moustique tigre véhicule potentiellement des maladies graves, telles que la dengue, le chikungunya et dans une moindre mesure le virus Zika.

A-t-il été repéré dans votre département ?

Selon la carte du moustique 2018, la colonisation du moustique tigre cette année s’étend désormais à neuf nouveaux départements placés en vigilance rouge : Hauts-de-Seine, Aisne, Hautes-Alpes, Hautes-Pyrénées, Ariège, Lozère, Indre, Maine-et-Loire et Corrèze, viennent s'ajouter au Val-de-Marne, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Vendée, Saône-et-Loire, Rhône, Ain, Isère, Savoie, Alpes-de-Haute-Provence, Var, Alpes-Maritimes, Haute-Corse, Corse-du-sud, Drôme, Vaucluse, Bouche-du-Rhône, Ardèche, Gard, Hérault, Aveyron, Tarn, Aude, Pyrénées-Orientales, Haut-Garonne, Tar-et-Garonne, Lot, Dordogne, Lot-et-Garonne, Gers, Gironde, Landes, et Pyrénées-Atlantique. Au total, 42 départements sont placés en vigilance rouge.


A cela s'ajoutent 20 départements en vigilance orange : le moustique tigre y a été intercepté ponctuellement dans les 5 dernières années : Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Cher, Allier, Puy-de-Dôme, Loire, Haute-Loire, Haute-Savoie, Jura, Doubs, Côte d'Or, Yonne, Seine-et-Marne, Essonne, Seine-Saint-Denis, Val d'Oise, Oise, et Paris.


A noter, la région parisienne est de plus en plus concernée : le Val-de-Marne ainsi que les Hauts-de-Seine sont en vigilance rouge. En plus de Paris, 4 départements sont en vigilance orange : le Val d’Oise, la Seine-et-Marne, l’Essonne, la Seine-Saint-Denis, où le moustique tigre a été intercepté dans le courant des 5 dernières années. 


Enfin, 34 départements sont en vigilance jaune, c'est-à-dire qu'ils font l'objet d'une veille toute particulière. Ce sont souvent les départements voisins de ceux déjà contaminés.

Comment le reconnaître ?

Le moustique tigre, aussi appelé Aedes Albopictus n’est pas bien gros, voire plus petit qu’un moustique commun. Il mesure entre 5 et 8 millimètres, et est donc plus petit qu’une pièce de 1 centime, comme le montrent ces photos sur le site signalement-moustique.fr


Il se déplace de manière plus lente que le moustique classique, et est donc facile à écraser en vol. Vu de plus près, on distingue qu’il est noir avec des rayures blanches sur les pattes et sur l’abdomen, d’où son surnom de moustique tigre. Il est également beaucoup moins craintif qu’un moustique commun, et n’attend pas la nuit pour piquer, il peut le faire tout au long de la journée. La bête est, en plus, d’une adaptabilité hors du commun, ce qui lui a permis de coloniser 60 pays dans le monde et de faire partie des 10 espèces les plus invasives de la planète, rappelle le site signalement-moustique.fr.

Comment éviter qu’il s’installe ?

Le moustique tigre est originaire d’Asie et est habitué à naître dans des petites retenues d’eau, appelées "gîtes larvaires", où les femelles pondent leurs centaines d’œufs. La première des protections est donc d’éviter tout ce qui peut servir de lieu de reproduction, où les larves peuvent se nicher : marécages, mais aussi creux d’arbres, vieux pneus... "Mais il peut suffire aussi d’un sol humide, immergé plus de 3 semaines à la bonne saison, soit par une pluie abondante, soit par un phénomène accidentelle (inondation, travaux)", indique le site Vigilances moustiques.


Pour les grosses retenues d’eau, ou les zones impossibles à vider, telles que les puits, par exemple, il est conseillé de couvrir de toile moustiquaire, afin d’éviter que les femelles n’y pondent. Ou encore, recommande le site Vigilance moustique : recouvrir l’eau d’une fine couche d’huile, qui empêche les larves de respirer. Dans un étang, ou une grosse étendue d’eau, une solution peut être de mettre des poissons. En effet, ils mangent les larves de moustique. Ne pas hésiter, non plus, à protéger les espèces prédatrices des larves : les tritons, grenouilles, crapaud, ou salamandres...


En milieu urbain, ce sont plutôt des petites retenues d’eau, parfois anodines, auxquelles il faut prêter attention : comme les pots ou coupelles qui retiennent l’eau des plantes, les canalisations d’eaux usées, les gouttières. Il faut donc essayer d’évacuer l’eau qui s’accumule, vérifier que les conduits d’eau ne sont pas obstrués, se débarrasser des objets qui peuvent retenir l’eau, tels que les pneus, les boites de conserve, vases, bidons, bâches, poubelles ouvertes, et changer au moins une fois par semaine l’eau des vases à ou les assiettes sous les pots de fleurs. 

Comment se protéger des piqûres ?

L’Organisation mondiale de la santé prodigue plusieurs conseils, tout à fait réalisables. En zone infestée, mieux vaut éviter les sorties non-indispensables au lever du jour et à la tombée de la nuit. Pour parer les piqûres, porter des vêtements amples couvrant tout le corps ; car les moustiques peuvent piquer à travers des vêtements serrés : 40% de piqûres passent à travers les vêtements. Dans la mesure du possible, les vêtements doivent être de couleur claire : les moustiques sont plutôt attirés par les couleurs foncées. Il existe également des spray anti-moustiques pour les vêtements, qui résistent au lavage. Pour la nuit, si possible, dormir sous la protection d’une moustiquaire, qui peut être imprégnée d’un répulsif anti-moustique. Autre possibilité : être dans une chambre climatisée, ou munie d’un diffuseur d’insecticide.


Le reste du temps, utiliser, autant que possible, des répulsifs, crème ou spray. Attention, cependant, car tous ne sont pas efficaces. D’après l’OMS, ils ont montré leur efficacité s’ils utilisent un des quatre principes actif, recommandés : IR3535, Icaridine, Citriodil, ou DEET. Attention cependant à ne pas entièrement se reposer là-dessus : une étude publiée en 2013 montre que les moustiques tigres s’habituent au bout de quelques heures à l’odeur du DEET, qui perd donc son effet répulsif. 

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