Attention, les ampoules LED pourraient abîmer vos yeux !

Attention, les ampoules LED pourraient abîmer vos yeux !
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VISION - Les ampoules LED sont largement utilisées dans les maisons. Pourtant, une étude de l’INSERM révèle qu’elles pourraient endommager la rétine. LCI vous explique.

Depuis de nombreuses années, les ampoules à diodes électroluminescentes (LED) remplacent les ampoules à incandescence dans nos intérieurs. Mais pourraient-elles être nocives pour nos yeux ? Des scientifiques s'interrogent car, chez le rat, ces rayons lumineux représentent un danger pour la rétine. A l’Inserm, des chercheurs français ont étudié l’impact toxique des rayons émis par les ampoules LED sur ces rongeurs.

Pour cela, ils ont procédé en trois temps. Peu importe le type d’ampoule utilisé, les chercheurs ont démontré qu'une exposition à une forte intensité lumineuse (6000 lux) pendant 24 heures altère la rétine des rats dont la pupille a été dilatée.


En revanche, quand les animaux ont été exposés à une intensité semblable à celle des habitations (500 lux), seules les LED sont apparues néfastes. "Avec ces ampoules, la rétine des animaux montre des signes d'altération moindres mais similaires à ceux observés sous forte exposition. Ceci n’est pas observé avec les autres types d'ampoules", constatent les chercheurs de l’Inserm dans un communiqué


Alicia Torriglia, qui a encadré ces travaux  avec le Professeur Behar-Cohen, précise : "Le recours à des rats dont la pupille a été dilatée permet d'amplifier les conséquences potentielles de la lumière, puisque la contraction de la pupille est un mécanisme physiologique de protection de l'œil contre l'agression lumineuse".

A qui la faute ? L’Inserm désigne une coupable : la lumière bleue. "La lumière blanche, qu'elle soit naturelle ou artificielle, combine en réalité des rayons de différentes couleurs, chacune correspondant à une longueur d'onde spécifique" , souligne la chercheuse.

"Un capital lumière"

Ainsi, les LED combinent différentes couleurs, dont la fameuse lumière bleue, pour parvenir à la lumière blanche diffusée. L’Inserm rappelle que les rayons correspondant à la lumière bleue sont plus énergétiques que les autres et plus délétères pour une durée d’exposition équivalente. Comme l’explique la scientifique : "La lumière émise par les LED engendre deux phénomènes toxiques parallèles : l'apoptose, mais également une seconde forme de mort cellulaire, la nécrose". Et, en se nécrosant, une cellule endommage ses voisines.


Pour le moment, ces conclusions ont uniquement été faites sur des rats et ne sont donc certainement pas transposables à l'identique chez l'homme. Elles n'en sont pas moins préoccupantes. "Nos cellules possèdent des mécanismes de réparation qui permettent sans doute de corriger en partie les lésions induites par les LED. Mais nous avons un capital lumière, comme notre peau possède un capital soleil", peut-on lire dans le communiqué de l'INSERM. Ces ampoules domestiques pourraient donc favoriser l’épuisement du "capital lumière" et, ainsi, encourager l’apparition d’une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

Une lumière toxique

Ce n’est pas la première fois que la question de la dangerosité des ampoules à LED se pose. En octobre 2010, l’Agence nationale de sécurité de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) avait publié un rapport consacré aux effets sanitaires des LED. "La lumière bleue, nécessaire pour obtenir des LED blanches, conduit à un stress toxique pour la rétine. Les enfants sont particulièrement sensibles à ce risque, dans la mesure où leur cristallin reste en développement et ne peut assurer son rôle efficace de filtre de la lumière", soulevait l'Agence sanitaire. 


Elle préconisait alors que "seules les LED appartenant à des groupes de risques similaires à ceux des éclairages traditionnels soient accessibles pour le grand public". Afin de limiter le risque d'éblouissement, l'Anses recommandait également de diminuer les intensités lumineuses perçues et d'éviter les lumières riches en couleur bleue dans les lieux fréquentés par les enfants.

En vidéo

DMLA : quels sont les facteurs de risque ?

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