Médicaments pour enfants : ceux qui sont inutiles et ceux qu’il faut éviter

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SANTÉ - L'association de défense des consommateurs publie ce jeudi une liste de médicaments à éviter pour les enfants et les nourrissons. L'UFC-Que choisir alerte de nouveau sur les sirops à base de codéine, ainsi que sur la "surprescription" dont font l'objet certaines pathologies.

Toux, fièvre, douleurs, reflux, diarrhée... Comment bien guérir les enfants contre ces maux courants qui peuvent inquiéter les parents ? Pour y répondre, l'association UFC-Que choisir publie ce jeudi un dossier sur les médicaments conseillés et ceux à éviter pour soigner les moins de 15 ans. L'association de défense des consommateurs divise pour cela les médicaments courants en plusieurs catégories, de "utile" à "à éviter".


"Si votre médecin ne prescrit rien, faites lui confiance", indique l'association dans son dossier, à lire en ligne. Elle indique que la France entre dans une phase de "déprescription", après avoir longtemps donné trop de médicaments pour des maux bénins. Une pratique qui pouvait exposer certains enfants à des effets secondaires plus graves que les symptomes originels.

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Pour les enfants de moins de 3 mois atteints de toux, en particulier si elle s'accompagne de fièvre, de difficultés respiratoires ou pour manger, l'association conseille de consulter un pédiatre. Idem pour les plus grands, si ces symptomes se prolongent au delà de 3 jours. Plus généralement, la toux se traite "en désobstruant le nez plusieurs fois par jour" à l'aide de serum physiologique.


Selon le docteur Grégoire Benoist, pédiatre pneumo-allergologue à l’hôpital Ambroise-Paré, interrogé dans le dossier, la plupart des médicaments s'attaquant aux symptomes de la toux, "sont contre-indiqués, car les tout-petits ont du mal à se désencombrer, il faut les laisser tousser ; en plus, ils sont susceptibles d’entraîner un risque de sédation grave, voire de convulsions". En cause, les sirops antihistaminiques (Humex toux sèche, Toplexil, etc.), "rarement utiles" et à éviter absolument avant 2 ans, ainsi que les dérivés morphiniques comme les sirops à la codéine (Néo-codion, etc.) ou à a dextrométhorphane (Humex toux sèche).

S'il faut surveiller les symptomes de nez bouchés et consulter un médecin pour les enfants de moins de 6 mois, qui ne peuvent respirer par la bouche, il faut en premier lieu nettoyer le nez du bébé avec de l'eau salée (ProRhinel, Marimer, Physiodose, etc.). À éviter : les sprays antiseptiques (Désomédine, Dolirhume, etc.) ou décongestionants (Aturgyl, Pernazène, etc.), qui peuvent occasionner des effets secondaires graves chez les plus petits, tout comme certaines huiles essentielles, affirme l'UFC-Que choisir. Quant au paracétamol, il n'est conseillé que si le rhume est accompagné de fièvre.

"Hormis dans les trois premiers mois ou si l’enfant change de comportement, ou si des taches violacées apparaissent sur la peau, la fièvre ne doit inquiéter ni chez le tout-petit, ni chez l’enfant plus grand. Elle n’est pas forcément à combattre, car c’est simplement le signe que l’organisme se défend contre une infection, le plus souvent virale.", affirme l'UFC, qui conseille le paracétamol (Doliprane, Dafalgan, Dolko, etc.), avec une dose de 15 mg par kilo toutes les 4 à 6 heures. L'ibuprofène (AdvilMed, Nurofen, etc.) est à éviter sans avis médical, en raison de ses effets secondaires digestifs et rénaux, poursuit l'association.

Un enfant qui régurgite n'est pas forcément atteint de reflux gastro-oesophagien (RGO) pathologique, insiste l'association. Le lait épaissi (Guigoz formule épaisse, Galliagest) ou les farines épaississantes (Picot magix mix, Gallia expert gumlik) sont conseillées pour diminuer les régurgitations, mais l'allaitement est à privilégier, indique l'association. 


L'UFC-Que choisir affirme également que l'efficacité des inhibiteurs de la pompe à proton (IPP), comme Inexium ou Mopral, n'est pas prouvée pour les nourrissons, sauf ceux atteints d'oesophagite. Tout comme l'efficacité des pansements oesophagiens (Gaviscon, Polysilane, etc.). Enfin, suivant l'avis de la Haute autorité de santé (HAS), l'association déconseille le Motilium, à base de dompéridone, qui peuvent dans certains cas causer des effets secondaires cardiaques et neurologiques graves. 

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Rarement graves, les diarrhées chez le nourrisson doivent être surveillées en raison de risque de déshydratation, rappelle l'UFC-Que choisir. Elle conseille d'opter pour les solutions de réhydratation orale (SRO), utilisables dès la naissance. Les antidiarrhéiques, comme Tiorfan ou Smecta, sont considérés comme peu utiles car ils n'évitent pas les déshydratations. L'association invite à éviter l'opioïde Imodium, qui risque de créer occlusions et somnolences, mais aussi les médicaments à base d'ibuprofène (Nurofenpro, AdvilMed) et les antiseptiques intestinaux (Panfurex, Nifuroxazide), qui peuvent occasionner respectivement des insuffisances rénales et des troubles allergiques.

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