Au Canada, des cornées produites en laboratoire greffées pour la première fois

Au Canada, des cornées produites en laboratoire greffées pour la première fois

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SCIENCES - Au Québec, six patients dont la cornée a été gravement endommagée ont bénéficié d'une intervention inédite. Ils ont reçu de nouvelles cornées cultivées en laboratoire à partir de cellules souches, ce qui a permis de nettement améliorer leur vision et de réduire le risque de rejet.

C'est une première qui donne espoir. Au CHU de Québec, une équipe médicale est parvenue à greffer à six patients des cornées entièrement produites en laboratoire. L'opération résulte d'un procédé appelé génie tissulaire. Des cellules-souches sont prélevées par biopsie dans l'œil sain du patient puis cultivées sur un support biodégradable. Elles sont ensuite transplantées dans l'œil atteint par la maladie. Il aura fallu 15 ans pour mettre au point cette technique, toujours en cours d'expérimentation.

La cornée est un tissu transparent qui recouvre l’iris et la pupille et c'est à travers elle que passe la lumière. Pour des raisons diverses (traumatisme, infection, hérédité, inflammation, allergie) elle peut être altérée durablement. "Les conséquences d’une guérison déficiente de la cornée peuvent être graves et entraîner une diminution de la vision ou voire même la cécité", souligne dans un communiqué le Dr Richard Bazin, ophtalmologiste au Centre universitaire d’ophtalmologie (CUO).

"J'ai retrouvé mon œil"

La cornée fait partie de tissus qui peuvent être issus de donneurs. Mais dans le cas du don d'organe, un risque de rejet existe, il varie entre 10 et 50 % selon les cas. Cette nouvelle technique n'en entraîne aucun, puisque la cornée est fabriquée en deux semaines à partir des cellules du patient. Les résultats chez les six personnes ayant reçu une greffe à court terme (trois mois à deux ans) sont donc très encourageants. "La différence est incroyable. J'ai retrouvé mon œil à 100 %", explique l'un d’eux au journal La Presse .

A terme, les médecins estiment qu'une dizaine de patients pourraient en bénéficier chaque année. "Il est difficile de mettre un chiffre. On va pouvoir greffer tous les gens qui ont des brûlures chimiques sévères, des maladies auto-immunes sévères, des maladies congénitales. (…) Pour les cas qui n'ont pas bien répondu, on peut faire une deuxième greffe de cellules-souches", ajoute le Dr Bazin. Il est déjà prévu qu'une dizaine d'autres patients en bénéficient dans les prochains mois.

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