Autisme : une journée pour pointer du doigt les discriminations

Autisme : une journée pour pointer du doigt les discriminations

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SANTE - À l'occasion de la Journée mondiale de l'autisme, le Collectif Autisme révèle les résultats d'une enquête révèlant que les personnes autistes n'ont majoritairement pas accès aux droits fondamentaux, comme l'éducation. Par ailleurs, près de 44 % d'entre eux ont déjà été victimes de maltraitances.

Aujourd'hui encore, l'autisme est  souvent synonyme de droits bafoués . Voilà le message que veulent faire passer plusieurs associations à l'occasion de la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Cet événement met en lumière ce trouble du développement qui toucherait environ 500 000 Français, dont un enfant sur cent. Maladie d'origine largement génétique, l'autisme se manifeste par des difficultés à établir des interactions sociales et à communiquer. Il apparaît dans la petite enfance et persiste à l'âge adulte.

L'an dernier, l'ancienne ministre Marie-Arlette Carlotti avait annoncé un 3e plan autisme, doté de 205 millions d'euros. Ce dernier prévoyait la création de 3 400 places d'accueil supplémentaires d'ici 2017 et un dépistage précoce dès l'âge de 18 mois. Mais lors d'un bilan en février, des familles ont dénoncé une absence de changements concrets sur le terrain. Selon le Collectif Autisme , la France laisse "perdurer un système qui prive dans les faits les personnes autistes de leurs droits".

La scolarisation, un parcours du combattant

Le collectif a publié une enquête effectuée en ligne auprès de 538 familles. Ses résultats montrent que 77 % des enfants autistes n'ont pas accès à un accompagnement adapté . Pour ceux qui y ont accès, 69,8 % des parents doivent financer tout ou partie de cette éducation. "Dans le 3e plan autisme qui fait pourtant de la scolarisation un objectif prioritaire, seules 700 nouvelles places en maternelle sont prévues sur quatre ans, soit 175 par an, alors que ce sont 8 000 autistes qui naissent chaque année", dénonce le collectif.

Et lorsqu'ils sont scolarisés, les malades ne le sont souvent que très partiellement. "Ainsi beaucoup d’enfants sont dirigés vers l’hôpital plutôt que vers l’école et leurs besoins spécifiques d’apprentissage sont peu reconnus. Pourtant, une certitude fait aujourd’hui l’unanimité : une personne avec autisme peut progresser", ajoute le collectif. En outre, "43,8 % des personnes autistes ont été, à des degrés divers, victimes de mauvais traitements ou de carences en matière de soins", souligne son enquête.

Un "non-respect" des droits

Sans surprise, 77,4 % des répondants ont déclaré ne pas avoir pu bénéficier d'un diagnostic précis avant l'âge de 3 ans. Depuis 2012, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande la mise en application des méthodes comportementales et éducatives pour accompagner ces personnes. Mais ces bonnes pratiques ne sont que très lentement diffusées, contrairement à l'approche psychanalytique, dominante dans le passé, qui a été jugée "non consensuelle".

Enfin, 21,3 % des personnes autistes n'auraient pas accès aux transports, 32 % à la culture et 38,8 % aux équipements, et services mis à la disposition du reste de la communauté. "Les réponses recueillies convergent clairement, de manière homogène, vers le non-respect des droits des personnes autistes", résume le collectif, qui a aussi lancé une pétition à l'attention des députés. Pour les autistes et leurs familles, l'espoir réside aussi dans les recherches qui ont déjà permis quelques avancées dans la compréhension des mécanismes.

A lire aussi : le poignant témoignage d'une mère dont la fille autiste a maintenant 21 ans

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