Avastin : l'anticancéreux n'est pas près d'être étendu aux pathologies de l'oeil

Avastin : l'anticancéreux n'est pas près d'être étendu aux pathologies de l'oeil

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SANTE - Selon Le Parisien l'Avastin, le traitement du laboratoire Roche contre le cancer, est loin de pouvoir bénéficier d'une nouvelle autorisation d'utilisation en tant que traitement de la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) qui sera moins coûteux que celui actuellement autorisé en France, le Lucentis. Le Conseil d’Etat se serait en effet prononcé contre cette possibilité.

Les patients atteints de dégénérescence maculaire liée à l’âge devront attendre encore longtemps avant d'avoir un choix possible entre le Lucentis ou l'anticancéreux Avastin . La DMLA est une maladie qui touche la zone centrale de la rétine, ce qui entraîne une perte progressive de la vision centrale. Le Lucentis de Novartis est la seule spécialité autorisée alors que l'Avastin de Roche, aux mêmes propriétés thérapeutiques, n'a jamais bénéficié d'aucune homologation en ophtalmologie en France, contrairement à l'Allemagne et à l'Italie. Or le premier coûte 30 fois plus cher que le deuxième.

La polémique autour des médicaments des deux laboratoires suisses date de plusieurs années. Mais elle a pris un nouveau tournant en mars dernier . Face à la fronde de patients et de praticiens, la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine a transmis au Conseil d’Etat un projet de décret autorisant une recommandation temporaire d'utilisation (RTU) pour "motif économique". Un texte qui devrait autoriser les ophtalmologistes à utiliser l'anticancéreux. En clair, cette procédure vise à autoriser l’ANSM à recourir aux RTU pour légaliser l'utilisation de l'Avastin contre la DMLA.

Bientôt un nouveau décret ?

Mais selon Le Parisien , le "décret Avastin" serait "mort-né". Comprendre par là que le Conseil d’Etat aurait rendu un avis défavorable. Motif : imposer un médicament pour raison économique est contraire à la réglementation européenne. Le ministère peut toutefois passer outre puisque le Conseil d’Etat rend des avis consultatifs. "Cependant, la ministre des Affaires sociales semble opter pour une autre stratégie. Discrètement, hier, la commission de la réglementation de la Caisse nationale de l'Assurance maladie s'est prononcée sur un nouveau projet de décret", explique le quotidien.

Oublié le motif économique, ce nouveau décret évoque cette fois une RTU "pour raison de santé publique". Mais encore une fois, rien ne garantit que la ministre obtienne gain de cause. Car l'argument évoqué, la santé publique, n'est peut-être pas valable non plus. En effet, dans le cas de la DMLA on ne peut pas parler de santé publique menacée puisqu'il existe déjà un autre traitement : le Lucentis… Mais le ministère ne compte pas sûrement s'arrêter là puisque le Lucentis est le médicament le plus remboursé par l'Assurance maladie avec coût d'au moins 400 millions d’euros par an.

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