Son traitement anti-cancer est déremboursé, elle lance un appel aux dons pour pouvoir se soigner

Santé

DROIT AU SOIN – Touchée par un cancer du sein depuis 2009, Leslie Salut, une Gardoise de 40 ans, ne peut pas suivre sa troisième cure de chimiothérapie. Son traitement n’est plus remboursé par l’Assurance Maladie. Dans l’impasse, elle a décidé de faire appel à la générosité des Français.

"Je m’appelle Leslie, j’ai 40 ans, je suis maman d’un garçon de 13 ans que j’élève seule et je suis atteinte d’un cancer métastatique, se présente cette habitante du Gard. La semaine dernière, lors d’un renouvellement de protocole de chimiothérapie j’ai reçu une réponse négative de la part du Cabinet du Médecin Conseil National concernant le remboursement de l’Avastin", un traitement anti-cancer. Or, une seule injection du médicament revient à 1632,65 €. Et pour pouvoir se soigner, Leslie a besoin d’en recevoir une toutes les trois semaines. 

Loin de baisser les bras, la Gardoise a décidé de lancer un appel aux dons le 4 avril sur la plateforme de financement participatif La cagnotte des Proches. "Créer cette cagnotte aujourd’hui est une démarche difficile pour moi car je pense que ce n’est pas aux citoyens de financer mes soins, vous payez déjà pour ce droit, précise-t-elle. Mais face à cette injustice je ne peux qu’agir, dans un premier temps, simplement pour pouvoir recevoir au moins une injection rapidement."

Lire aussi

Service médical rendu jugé insuffisant

Car voilà, pour combattre son cancer du sein apparu en 2009, et aujourd’hui métastasique, les injections seraient ce qu’il y a de plus efficace. Elle ferait même des "miracles", selon son médecin, le Dr Jean-Loup Mouysset, oncologue à la clinique Rambot Provençale d’Aix-en-Provence. Comment ? La molécule ciblée empêche le développement des tumeurs en bloquant ses vaisseaux sanguins. 

Mais si le médicament a pu faire ses preuves, il n’est plus remboursé en raison "d’un service médical rendu jugé insuffisant", selon la Haute Autorité de Santé. L’association Santé environnement France dénonce ce vendredi 7 avril "un scandale humain" dans un communiqué. 

En vidéo

Cancer du sein : quels sont les véritables facteurs de risque ?

L’Avastin a permis une "amélioration sensible"

Si ce traitement n’est plus remboursé, d’autres le sont. Alors pourquoi ne pas y recourir ? Lorsque le cancer a récidivé une nouvelle fois, "on a démarré le traitement avec deux molécules en novembre 2015, explique Leslie à nos confrères du Midi Libre. Il ne se passait pas grand-chose. Lorsqu’on a ajouté l’Avastin en janvier, l’amélioration a été sensible."

"Ses marqueurs tumoraux ont chuté, et le dernier scanner du mois de mars montre qu’il n’y a plus d’évolution de la maladie, confirme son médecin. Les traitements alternatifs sont plus chers (autour de 5000 euros) et on ne sait pas s’ils seront efficaces."

Lire aussi

Malgré cela, sa dernière requête pour que le traitement soit pris en charge a définitivement été rejetée le 31 mars dernier. 

La cagnotte de la Gardoise s’élèvait à 9400 € samedi après-midi. Un montant qui lui permettra de financer une partie de son traitement. Mais comme le souligne le Pr Mouysset, le problème du déremboursement de l’Avastin n'est pas réglé : "Leslie est loin d’être la seule patiente dans cette situation". 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter