Baclofène : "Je suis désormais indifférente à l'alcool"

Baclofène : "Je suis désormais indifférente à l'alcool"

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MEDECINE - Le Baclofène, initialement destiné à la relaxation musculaire, a obtenu vendredi matin une recommandation temporaire d'utilisation (RTU) pour soigner l'alcoolisme. A cette occasion, metronews a recueilli le témoignage de Sylvie Imbert, présidente de l'association Baclofène, sortie de sa dépendance grâce à ce traitement.

"J'étais clairement dépendante, même si ma consommation était relativement modérée". Sylvie Imbert, la présidente toulousaine de l'Association Baclofène, milite depuis 2011 pour que d'autres malades puissent, comme elle, bénéficier de ce médicament . Jeune fille timide, elle commence à boire à l'âge de 16 ans. Ce n'est que des années plus tard, en 2009, qu'elle s'inquiète de sa consommation pouvant aller jusqu'à une bouteille et demie de vin par jour.

Plus que la boisson, c'est le rapport avec l'alcool qui lui était indispensable. "Tous les matins je me disais non pas ce soir, et tous les soirs en sortant du boulot je ne pensais qu'à ça". Elle est socialisée, a un travail, une famille, des amis. Personne ne se doute de sa maladie. Elle veut pourtant en sortir. Par honte, la visite chez le médecin est exclue. Les traitements autorisés ? Pas assez efficaces. L'abstinence ? Très peu pour elle. "Demander d'arrêter de boire à un alcoolo-dépendant, c'est très paradoxal".

L'Espagne, la meilleure solution

C'est grâce au Baclofène, découvert par hasard, qu'elle sort de sa dépendance. Le déclic, elle le doit au livre du Dr Olivier Ameisen, cardiologue et ancien alcoolique, Le dernier verre, écrit en 2008. "C'était très documenté, scientifique, ça m'avait l'air sérieux. Et ça m'a convaincue". Sylvie franchit la frontière pour se rendre en Espagne, où ce traitement est en vente libre. Très vite, elle arrive à la dose de 110 mg, celle qui lui permet "de ne plus penser à l'alcool". "J'avais lu le livre d'Olivier Ameisen, je discutais sur des forums, donc je savais comment faire".

Aujourd'hui, elle suit toujours ce traitement avec une dose de 20 mg par jour. Elle a fini par en parler à son médecin, qui a accepté de la suivre. "Je continue à boire un ou deux verres de temps en temps le week-end, car je suis désormais "indifférente" à l'alcool. Mais ce n'est pas systématique". Plus important encore à ses yeux, elle ne boit plus que ce qu'elle aime vraiment.
 

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