Bébés morts à Chambéry : à quoi servent les poches alimentaires pour nourrissons ?

Bébés morts à Chambéry : à quoi servent les poches alimentaires pour nourrissons ?

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Après la mort de trois nouveaux-nés prématurés dans un hôpital de Chambéry, les soupçons se portent sur les poches de nutrition, dont la fabrication est pourtant très contrôlée.

Elles sont au cœur de la polémique qui entoure le décès de trois nourrissons à l'hôpital de Chambéry . Le parquet de Chambéry a ouvert une enquête sur leurs morts, survenus les 6, 7 et 12 décembre et les premiers éléments de l'enquête évoquent des poches de nutriments contaminées par des bactéries. Dans les hôpitaux, les poches alimentaires sont utilisées pour nourrir les bébés prématurés, de trop faible poids à la naissance ou malades.

Cette technique de nutrition se fait par intraveineuse, c'est ce qu'on appelle l'alimentation parentérale. Les nutriments qu'elles contiennent permettent la maturation des organes. "Leurs systèmes digestifs, encore immatures, ne leur permettent pas d'absorber le lait maternel. Une alimentation extérieure est généralement nécessaire pour leur apporter les nutriments", explique sur Allodoceurs le professeur Alain Astier, chef de service de pharmacologie de l'hôpital Henri Mondor.

Préparées en hôpital ou par un fabricant

Elles permettent de fournir au bébé des apports en eau et en énergie notamment sous forme de glucose (sucre), et de lipides (graisses). D'autres nutriments comme des vitamines et oligo-éléments (zinc, fer, cuivre…) ou encore des minéraux (calcium, sodium, potassium…) peuvent également être fournis. Mais les nouveaux-nés ne reçoivent pas tous le même type de poche, car elles sont préparées selon les besoins de chacun, d'un jour à l'autre.

Il existe deux types de préparation : celles effectués dans les pharmacies hospitalières des CHU et celles qui se font par des industriels privés, soumis aux mêmes contrôles et condition d'hygiène. Ainsi, les hôpitaux Cochin-Port Royal, Robert Debré et Trousseau de Paris bénéficient de leur propre unité de préparation. L'hôpital de Chambéry fait quant à lui appel à l'un des deux seuls fabricants français  : le laboratoire Marette à Courseulles-sur-mer (Calvados). Le deuxième se trouvant être le laboratoire Fasonut.

À quel moment les poches ont été contaminées ?

Malgré des mesures d'hygiène très strictes lors de la fabrication de ces poches, les médecins sont unanimes : le risque zéro n'existe pas. "La contamination peut venir de l'un des constituants, toutes les matières premières devant être stériles, (…) lors du scellement de la poche, de son transport ainsi que sa conservation. Un dernier risque d'infection subsiste au niveau de la pose de la voie veineuse", explique au Figaro le professeur Patrick Tounian, chef du service pédiatrique de l'hôpital Armand-Trousseau à Paris.

Pour l'instant, aucune preuve n'établit clairement que les poches soient responsables du décès des prématurés. La ministre de la Santé Marisol Touraine a fait savoir que "c'est toute la chaîne depuis la fabrication jusqu'à l'administration du contenu des poches qui aujourd'hui fait l'objet d'enquêtes multiples". La ministre a saisi l'Institut Pasteur qui devrait rendre des analyses "dans les jours qui viennent", notamment en ce qui concerne le type de germe contenu dans les poches.

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