Des cas oubliés de bébés nés malformés ? De nouvelles familles non-répertoriées se manifestent

Santé
SANTÉ - Les familles d'enfants nés sans main ou sans bras seraient-elles beaucoup plus importantes qu'annoncées ? Mardi 6 novembre, lors d'une réunion publique organisée à Guidel, dans le Morhiban, plusieurs se sont manifestées pour dire qu'elles n'avaient pas été répertoriées.

Mardi soir dans le Morbihan, deux réunions se sont tenues avec des parents d’enfants nés avec des bras malformés et des membres des autorités sanitaires. La première en petit comité avec quatre familles et l’agence Santé publique France, s’est plutôt bien passée de l’aveu même des parents, qui ont salué la volonté de leurs interlocuteurs "d’approfondir les recherches" sur ces cas de malformations rares. 


"On a l’impression qu’il y a une volonté d’aller plus loin dans ce qui a été fait jusqu’à présent" a déclaré Isabelle Taymans-Grassin, médecin généraliste et mère d’une fillette née sans main en 2012. La semaine dernière, elle avait fustigé l’enquête "pas très poussée" de Santé publique France, publiée le 4 octobre, qui "ne nous a rien appris".

Quatre cas ont été répertoriés sur la commune de Guidel entre 2011 et 2013. Mais lors de la deuxième réunion qui s’est tenue mardi soir dans cette commune de 11.807 habitants, en présence de plusieurs médecins et de François Bourdillon, directeur général de l’agence Santé publique France, plusieurs familles des environs sont venues dire qu’elles avaient été oubliées dans ces comptes. 

Des cas dans les alentours "complètement oubliés"

"On a été complètement oubliés, on ne parle pas de nous. On ne nous a jamais posé de questions. On est juste aux alentours et on n’en parle pas", a déclaré Aurélie Bingler, mère de Lola, née en 2011 avec un bras malformé, et qui habite à 20 kilomètres de Guidel. "J’ai répondu à un courrier de l’Agence régionale de santé il y a trois ans mais personne n’est revenu vers nous", a-t-elle indiqué dans Le Parisien. "Quand ma petite-fille pose une question, je lui explique quoi, je lui dis quoi ? Personne ne s’occupe d’elle. Nous, on est un peu perdus", a ajouté le grand-père d’une fillette de 3 ans atteinte de malformation.


Isabelle Taymans-Grassin a estimé qu’il y avait "des pistes à creuser, par exemple avec le cas de (la commune de) Calan", là où vit Lola. "Probablement qu’elles n’ont pas été creusées jusqu’au bout", a-t-elle jugé.

Le temps sera probablement long, les investigations difficiles et complexesFrançois Bourdillon, directeur général de Santé publique France

Face au nombre de parents signalant des cas de malformations proches de Guidel, François Bourdillon a reconnu qu’il fallait "peut-être qu’on mène des investigations plus larges géographiquement, sur la question des bassins de vie, peut-être sur la région Bretagne, pour essayer de trouver des investigations". Il a affirmé que la réunion avait permis de "nous réinterroger sur nos méthodes" et évoqué "les limites de nos capacités d’agence à essayer de trouver des solutions". "Le temps sera probablement long, les investigations difficiles et complexes."

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L'affaire des bébés nés sans bras ou sans main

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